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bliait pour la première fois une édition intégrale et savante de la biographie de sainte Colette, écrite au quinzième siècle par le Franciscain Pierre de Vaux !. En y joignant les pages consacrées à Colette par sœur Perrine de la Roche, reproduites également dans le même volume, on possède désormais un instrument d'élite pour l'étude de cette sainte; et c’est tant mieux pour Jeanne d'Arc, comme c’est tant mieux pour Colette. Car assurément, comme le dit le Père Ubald, c'est «une invention de pure fantaisie » que l'histoire d’une certaine entrevue qui aurait eu lieu en 1412 entre Colette trentenaire et Jeanne d'Arc enfant, et durant laquelle Colette aurait déposé sur le berceau de la toute petite Jeanne son propre anneau portant les mots : Jhesus Maria ; mais ces naïfs enjolivements ne sont peut-être que le symbole d'une réalité profonde, d’une communauté d’élan, qui créait entre ces deux âmes exceptionnelles une façon de proximité; et le Père Ubald juge possible que Colette se soit trouvée au Puy lorsque la mère de Jeanne y priait; possible, aussi, que Colette se soit trouvée à Moulins lorsqu'en novembre 1429 Jeanne y passait.
La vie de Jeanne d'Arc — M. Hanotaux a raison de le croire — ne fera que gagner en clarté, en lucidité, à mesure qu'on pourra la réinsérer dans la vie entière de l’époque, et qu’on verra s’enchevêtrer avec elle d'autres vies saintes et glorieuses. Il estime qu’ « entourée plus étroitement du monde où elle vécut, Jeanne n’en paraît que plus grande? ». Et cette phrase de sa préface est justifiée par tout son