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marche ordinaire des affaires humaines. C’est Jeanne qui apporte les solutions les plus simples, les plus fortes, les plus efficaces, à ces difficultés sur lesquelles s'épuisent les théologiens, les hommes d’État et les hommes d'Église. En réservant le droit individuel, elle le subordonne, dans une gradation véritablement magistrale, à l'Église d’abord, puis à Dieu. Cette Française qui mourut quatre-vingts ans avant que Luther parût, découvre les principes d’après lesquels l’Église se sauvera de la Réforme... Sans le savoir, mais non sans le vouloir (parce qu’elle est tout cœuret volonté), elle parle comme les grands penseurs et les grands cœurs catholiques, comme les grands disciplinés et les grands réformateurs, saint Thomas, saint François, saint Bernard f.
Ilyades nuances quise dérobent aux définitions; on les sent plus qu'on ne les fixe; et dès que le langage s’essaie, on pressent plus aisément les incorrections à éviter que les exactes formules à trouver. Définir, d’une façonrigoureuse, comment s’opérait, en Jeanne, cette conciliation entre le sens individuel et la discipline, c’est assurément une des besognes les plus délicates où l’on puisse s’aventurer. « Jeanne les concilie, écrit M. Hanotaux, en réclamant l'obéissance, mais seulement pour qui en est digne ?. »
Voilà certes une solution ; mais de cette dignité, qui donc jugera ? Ce sera aujourd’hui la Bienheureuse Jeanne d'Arc, et demain Jérôme Savonarole ; mais après-demain ce pourra bien être Luther, et c'était hier Jean Huss, condamné, précisément, pour avoir en particulier soutenu que la tare d’indignité, pesant sur un prêtre, le rend incapable de conférer