‹ Autour du Catholicism socialChapitre 4 sur 106 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

il y a des précisions auxquelles le dogme seul peut atteindre. Le bon Dieu dont les cieux nous racontaient la gloire pouvait n'être qu’un Dieu inconnu; le Dieu dont nos âmes ont besoin — livres maculés qui réclament un exégète — est un Dieu connu, un Dieu que des efforts de dialectique ne suffiraient point à faire toucher, un Dieu qui, par un acte tout gratuit de sa générosité souveraine, fasse vers nous plus de la moitié du chemin, un Dieu qui soit venu, qui vienne... [l est des âmes, supérieures à tout soupçon d'illuminisme, pour qui l'expérience eucharistique devient le plus grandiose argument d’apologétique ; et par l’exercice même de leur piété, par l’acte pascal, elles satisfont l’immortel instinct qui, dévié, a produit les philosophies panthéistes. Voici qu’en effet les exigences plus instantes du sentiment religieux coïncident avec l'appel de l'autorité pontificale en faveur de la communion fréquente !. Si le jansénisme l’eût emporté, beaucoup d’âmes religieuses seraient devenues panthéistes.

En un mot, l'attitude actuelle de l’idée religieuse et l’évolution actuelle du sentiment religieux me semblent, si j'ose ainsi dire, faire dela religion une « actualité », dans une époque où le panthéisme attire les intelligences, où le socialisme émeut les consciences.

1. Voir Pauz Dupon, Pour la communion fréquente ef quolidienne, (Paris, Beauchesne, 1910.)

Page 1