‹ Autour du Catholicism socialChapitre 30 sur 106 · LP · texte numérisé non relu

LP

LÉHOIIr

OT

détraquée, une désordonnée : M. Hanotaux s'y refuse. Sous les dehors du respect, certains la traitent de névropathe ; ils sont moins excusables que le sire

de Baudricourt qui du moins, lui, ne l'avait pas:

encore vue à l'œuvre lorsqu'il la traitait de folle ; et l'erreur de ces savants est plus lourde que celle de cet ignorant, étant plus prétentieuse. M. Hanotaux laisse de côté les livres des neurologistes ; 1l regarde Jeanne, il l’écoute;, et Jeanne, telle qu'il la voit, Jeanne, telle qu'il l’entend, présente, « en sa pleine et vigoureuse activité, la réunion la plus extraordinaire de facultés puissantes admirablement pondérées ! », :

Mais alors... si Jeanne n’est pas une hallucinée, qu’est-elle donc? « L’énigme de son existence subsiste tout entière ?. » Le rationalisme se révoltail contre de telles énigmes : bon gré mal gré, il voulait expliquer, résoudre, faire rentrer dans des catégories ce qui élait unique, niveler le surhumain aux proportions de l'humanité, emprisonner l’indicible dans le commun vocabulaire ; 1l appelait cela, parfois, faire œuvre de science. Avec M. Hanotaux, nous sommes bien loin d'une telle fatuité : « S'il est des choses que la raison ne peut atteindre, nous prévient-il, on s'inclinera devant le mystère ; car il est de l'intelligence humaine de connaître elle-même ses limites *. » Etencore :

Une explication quelconque est-elle possible ? Cette explication, est-il nécessaire de la tenter ? La nature, la vie, le monde visible et invisible cachent à l'homme

TND AT 2, P. 128.

assez de secrets pour qu'il se résigne à ignorer celuilà. Les défaillances, les insuffisances, les impuissances trop notoires de la raison, n’enseignent-elles pas la vanité de certaines interprétations dites rationnelles ? Quant aux décisions de la foi, elles ne relèvent que de la foi. Entre la raison et la foi, l'esprit humain doit-il nécessairement prendre parti”? Les postulats imposés à notre raison sont des actes de foi, et si on supprimait de la science la foi, il lui manquerait justement sa base. Entre la raison et la foi, il n’y a ni contradiction, ni combat nécessaire. Il est d’une très haute raison d’accepter la foi, et la foi fait sans cesse appel à la raison; selon la formule scolastique, la foi cherche l'intelligence et l'intelligence trouve la foi 1.

L'écrivain nous montrera plus tard, tout le premier, comment les réponses de Jeanne d'Arc accusée, et comment la réhabilitation de l'héroïne par l’autorité suprême de l'Église, sanctionnèrent la défaite d'une certaine scolastique de décadence, qui fut eriminelle à Rouen avant d’être en tous lieux surannée. Mais 1l n’y a rien de commun entre cette scolastiquelà, ânonnée par de mauvais élèves ou maniée par de méchants exploiteurs, et les hautes spéculations, à la fois dociles à Dieu et conquérantes de Dieu, par lesquelles s’illustra l’esprit humain aux douzième ettreizième siècles ; et c'est dans ces spéculations mêmes que M. Hanotaux semble nous inviter à chercher et à trouver la méthode de pensée, la formule d’attitude, avec laquelle 1l faut aborder Jeanne d’Arc.Il y avait longtempsqueles mots: Fides quaerensintellectum, tnlellectus quaerens fidem, n'avaient été proposés par un maître de l’histoire aux méditalions contemporaines.

En chaque âme chrétienne, la nature et la surna-

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