Mémoires d'un royaliste, 1, p
certaines entreprises. De maladroits amis de L’'Université voudraient lui refaire un vilain cadeau, non moins onéreux qu'humiliant : le monopole. Criblée de coups de canif, passée à l’état de loque, la loi Falloux les brave encore, d’un ironique défi. Ils voient même ressusciter certaines aspirations dont le succès serait un hommage imprévu, et d’ailleurs involontaire, pour les idées de Falloux. On critiqua beaucoup, autrefois, l'influence qu'il donnait à l'Église dans l'Université même, mais l'Église devait partager cette influence avec la magistrature, le Conseil d'État, l'Institut. Au fond, ce que désirait ce novateur, c'était que tous les grands intérêts du pays fussent représentés dans les conseils universitaires . Mais n'est-ce pas, précisément, à quoi visent aujourd'hui même certains esprits d'avant-garde? Ils déclarent que les forces vives de la société française ont un mot à dire, et même plusieurs, sut les mesures par lesquelles l'État organise ou désorganise les classes ; et c'est exactement ce que pensait Falloux.
Un autre « grand intérêt » préoccupa ce ministre: il se soucia de faire rentrer Pie IX dans la Ville Éternelle. « Rome est mieux que la République romaine, professait-il; elle est la capitale de la République chrétienne, » Il réussit à réintégrer Rome dans une telle dignité ; et pour abolir cette partie de son œuvre, il ne fallut rien de moins que Sedan, dont, au bout de quinze jours, la Papauté subit le contrecoup. Des notes manuscrites qu'il griffonna en 1849, laissent deviner par quelles considérations 1l sut déterminer, en faveur de Pie IX, le Prince Prési-