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MONTALEMPERT, Discours, IT, p

comme tels. On prêtait à ces orateurs de clubs assez d'attention, pour leur faire un grief de soulever certaines questions; mais on prenait rarement la peine d'en considérer l’objet, et de l’étudier. Montalembert, en avril 1848, dans la profession de foi qu’il adressait aux électeurs, confessait lui-même qu'il avait peutêtre à se reprocher d’avoir « partagé non pas l'indifférence, mais l'ignorance de la plupart des hommes politiques, sur plusieurs questions sociales et économiques qui tiennent aujourd'hui une si grande et si juste place dans les préoccupations du pays { ».

Il n’y eut apparemment qu’un candidat, dans toute la durée du dix-neuvième siècle, pour dire en substance aux électeurs dont 1l cherchait les suffrages : Je ne vous connais peut-être pas assez, Je n’ai peutêtre pas assez étudié ce qui vous intéresse. Ce candidat fut Montalembert,

Il avait, dès 1840, pris une part importante à la préparation de la loi sur le travail des enfants? ; et en 1846 1l avait protesté contre le projet « despotique » d'imposer aux ouvriers qui travaillaient en chambre pour un seul chef d'établissement « l'humiliante obli-

1. Profession de foiélectorale, 3 avril 1848 (MONTALEMBERT, Discours, IT, p. 15). — Cf. lettre à Cornudet, 8 mai 1829: « Je suis très faible en économie politique, je me propose, à mon retour en France, d'en faire une étude approfondie, en commun avec toi, si tu y consens. » (Leltres à un ami de collège, p.266. Paris, Lecoffre, 1884); etlettre à Alphonse d'Herbelot, 27 juillet 1829 : « Puisque vous confessez bravement votre ignorance en économie politique, je me joins à vous dans cet aveu honteux, et je vous propose de l’étudier sérieusement avec moi l’année prochaine, sous la direction du savant Cornudet. » (Lettres d'Alphonse d'Herbelot à Charles de Montalembert et à Léon Cornudet ; 1828-1830, pp. 284-285. Paris, Alphonse Picard, 1909.)

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