MONTALEMBERT, Discours, [, pp
gation » du livret *. EL ces discours attestaient qu'il avait observé d'assez près le monde du travail. Mais cependant il s’accusait d’ignorance, devant ceux mêmes dont il aspirait à être le mandataire. Était-ce scrupule ? était-ce modestie ? L'un et l’autre sans doute; et puis, peut-être, autre chose encore. Il y a dans la physionomie de Montalembert un trait qu'il ne faut jamais perdre de vue lorsqu'on étudie son altitude sociale : 1l avait horreur de paraître courtiser le peuple. Lisez de près, dès 1831, ses discussions avec Lacordaire au sujet de la démocratie et de lParistocratie. Vous croirez d’abord, si vous lisez superficiellement, avoir affaire à un adversaire systématique, irréconcilhiable, de la démocratie. Il n’en est rien. Le Montalembert de 1831, qui parle avec véhémence contre « l'esprit infernal de la démocratie moderne ? », est le même homme que le Montalembert de 1863, qui dans l'un de ses discours de Malines proclamera : « Tout condamner dans la société moderne parce qu’elle est démocratique, c'est s’abandonner à une aberration aussi puérile que de tout admirer dans la société ancienne, parce qu’elle était aristocratique ou monarchique . » En fait ce n'était pas à la démocratie que Montalembert en voulait, c'était à une nombreuse catégorie de démo-