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MONTALEMBERT, Discours, III, p

der le domaine économique lui-même contre les 1mmixtions de la loi. Au contraire on l'entendait invoquer la loi, on le voyait, même, travailler à la créer. Jl était possible, à vrai dire, qu'en interprétant d'une certaine façon ses théories politiques, on y puisât quelques réflexions dont on aurait pu faire arme contre l’idée d'une législation sociale; mais Montalembert aurait désavoué ces interprètes-là. IT leur aurait opposé, sous la pression des misères ouvrières, sa conception chrétienne de l'ÉtaL.

Ces misères se multipliaient. Cornudet, qui dans ses lettres est plutôt sévère à l'endroit des revendications ouvrières, rapporlait cependant, d’un voyage en Angleterre, l’impression d’un « grand bagne où les hommes, les femmes et les enfants sont condamnés aux travaux forcés 1... »

L'Église commençait d'élever la voix : le cardinal de Croy, archevêque de Rouen, se plaignait, dans un mandement qui faisait du bruit, que « sur l’extrème faiblesse pesàt l'extrême oppression ». Montalembert, tout le premier, Lémoin des émeutes lyonnaises de 1831, en avait gardé certaines émotions très profondes; 1l avait noté, dans un article célèbre, « l'esprit de piété et de foi» qui s’élait manifesté « dans ces masses pauvres et victorieuses »; et Il avait conclu : « L'alliance indissoluble de la religion avec les intérêts du peuple, l'affection que ce peuple lui portera loujours, toutes les fois que ce lien éternel ne sera pas relâché par la complicité du clergé et du pouvoir, et de plus les secours, la protection, les hommages que le catholicisme rencontrera dans

1. Correspondance entre Montalembert et Cornudet, p. 209 (26 août 1837). (Paris, Champion, 1905.)

les masses, quand il se présentera à elles sans intermédiaire; voilà ce qui a été démontré par la pratique lors des événements de Lyon ‘. »

On dirait ces lignes contemporaines de Léon XIIT; elles étaientapparemment imprévues pour Cornudet. « Les ouvriers viennent de reconquérir leurs droits », lui écrivait joyeusement Montalembert. Et Cornudet de répondre : « . Je ne partage guère ton admiralion pour eux; leur gène el leur misère ne peuvent nullement être attribuées aux fabricants, pas plus qu'au gouvernement. Non, non, tu n’es pas Juste ?.» Mais le souvenir des misères lyonnaises flottait peut-être encore dans la pensée de Montalembert lorsqu’en 1840 il disait à la Chambre des Pairs : « Ce que J'attaque et ce que je déplore, c’est l’industrie casernée, pour ainsi dire, l'industrie des filatures et autres usines de ce genre, qui arrache le pauvre, sa femme, ses enfants, aux habitudes de la famille, aux bienfaits de la vie des champs, pour les parquer dans des casernes malsaines, dans de véritables prisons, où tous les âges, tous les sexes sont condamnés à une dégradation systématique et progressive ?. »

« La violation publique et permanente du dimanche, expliquait-il en une autre circonstance, fait peser un Joug odieux sur la foule encore nombreuse des négociants, des entrepreneurs, des employés et surtout des ouvriers chrétiens #. »

Dégradation systématique, joug odieux, d’où ré-

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