MONTALEMBERT, Discours, [, p
4, MONTALEMBERT, Discours, III, pp. 494-495.
sultaient donc ces fléaux ? Montalembert en cherchait les causes; il les trouvait dans «la religion du gain, dans le culte de l'argent, dans la divimité de la matière, substituée, disait-1l, à la vieille foi de Clovis et de Jeanne d’Are * ».
Ainsi l'explosion de Ja question socialese ramenait à une sorte de conflit entre deux religions, dont l’une, toute matérialiste, était fille d’un certain industrialisme, dont l’autre, au contraire, était la foi traditionnelle de la France. Montalembert aimait intervenir devant le Parlement et devant le peuple comme adversaire de la première, celle de Mammon, comme messager de la seconde, celle du Christ.
Il ne se flattait pas, nous l’avons vu, d’être un spécialiste en matière sociale; mais les réunions de la Sociélé d'économie charitlable, fondée dès 1847 par Armand de Melun, étaient une école d'élite pour des bonnes volontés comme la sienne. Il avait, sur la société humaine, les lumières que procure la foi; 1l possédait les notions primordiales, fixées à jamais par le Christ et par l'Église, pour l’organisation des rapports humains. Il savait, d’abord, que le christianisme regarde la propriété comme une « charge publique » : sans ambages, sans atténuation, devant la commission d'assistance de 18/9, 1l prononçait ce mot ?; et c'est parce qu'il attribuait aux devoirs du propriélaire une telle précision et une telle rigueur, qu'il ne permettait pas à Victor Hugo de qualifier l'aumône de dégradation *.