‹ Autour du Catholicism socialChapitre 45 sur 106 · LECANUET, Montalembert, II, p · texte numérisé non relu

LECANUET, Montalembert, II, p

FERDINAND DREYFUS, l’Assislance sous la seconde République, pp. 128-1289.

Il gardait très nette, au fond de son âme, la notion vraie du travail, telle que les moines d'Occident, par leur propre exemple, l'avaient imposée à l’adhésion et à l’amour du monde chrétien. « On a altéré, déclarait-1l dans un rapport parlementaire, jusqu’à la nature même du travail; on l’a transformé en source d'ignorance et de démoralisation. Dieu a imposé le travail à tous les hommes, sans exception, comme une épreuve el comme uneexpiation; mais il n'a donné à personne le droit d’en faire un joug dégradant et oppresseur, un moyen d’affamer l'âme et d’abrutir la conscience ‘. »

L'idée chrétienne de la dignité humaine, aussi, guidait assidûment sa pensée : puisqu'elle prohibe à l’homme de traiter un autre homme en pur et simple instrument, elle s'insurge contre les théories économiques qui font de l'ouvrier l’esclave de la production; Montalembert le pressentait, et il le proclamail :

« Le Fils de Dieu a pu dire, résumant avec une brièveté sublime toutes les raisons du précepte divin : Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. À coup sûr, nous avons le droit de dire à notre tour : l'industrie est faite pour l’homme et non l'homme pour l’industrie ?. »

Ainsi rappelait-il, en un mot, les devoirs de la propriété; ainsi revendiquait-il, en peu de phrases, l'honneur du travailleur. Mais en face de ces principes, qui s'élayaient sur le dogme divin, le mal subsistait, étayé sur des contrats humains. Montalem-

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