MONTALEMBERT, Discours, I, pp
revètu d’une force et d’une autorité suffisantes pour le faire adopter par tout le monde »; mais devaiton prolonger, jusqu'à l'échéance de ces lentes et lointaines réformes, l’atroce exploitation des enfants ? Montalembert répondait par un non formel; il estimait qu'une rapide loi d'État s’imposait : l'année 1844 en pourvut la France.
Lorsqu’en 1840 Montalembert en appelait à l’État, il cédait à un élan; dix ans plus tard, lorsqu'en face des économistes libéraux qui alléguaient la « liberté du travail » 1l jugeait nécessaire de réclamer « des garanties pour la liberté du repos dominical { », son recours à l'intervention de l'État législateur était le résultat d’une doctrine, très étudiée, très müûrie, sur les obligations qui s'imposent au pouvoir public dans la Civilisation chrétienne. On ne saurait lire avec assez d'attention ce long document, inséré dans le troisième volume des Discours,et qui s'intitule : Rapport sur la proposition de M. d'Olivier relative à l'observation des dimanches et des Jours fériés. D'Ohvier, ancien maire d'Avignon sous la Restauralion et députélégitimiste du Vaucluse, souhaitait,entre autres réformes, que le repos dominical fût obligatoire dans les travaux publics; que l'obligation en fût imposée par l’État et par les communes à lous les adjudicataires ; que dans l’industrie privée, toute clause du contrat de travail par laquelle l’ouvrier renoncerait à ce repos fût considérée comme nulle.
À l'appui de cette proposition, Montalembert montra la portée sociale du repos dominical.
« Tous les peuples, dit-il, avaient vu dans cette