MONTALEMBERT, Discours, IT, pp
loi la sanction de la dignité humaine, du respect de l’homme pour l’'hommeet de l'homme pourlui-même. Tous vénéraient une institution qui servait à ennoblir l'intelligence et à purifier l’âme en mettant un frein momentané, mais périodique, à la spéculation, à la cupidité, aux exigences insatiables de l'intérêt privé...
« Le dimanche rapprochait par le repos ceux qui dans une civilisation comme la nôtre ne peuvent plus l'être par le travail. A l'inverse de la sagesse moderne qui invente le travail en commun, comme un progrès, la sagesse divine a institué le repos en commun, comme un droit. Grâce à cette institution sublime, il y avait partout un jour par semaine où le pauvre se sentait et se voyait l’égal du riche, investi du même loisir, et placé au pied des mêmes autels. Ily avait un jour où, par ordre de Dieu, il cessait d’être assimilé à une machine qu'on fait fonctionner sans relâche, et où la sainte noblesse de l’âme revendiquait le droit d'échapper au joug des besoins du COTpS *.»
Ainsi se développait, sur les lèvres du tribun, une sorte d'oraison funèbre du dimanche, mais c'était une oraison funèbre qui appelait une résurrection. Les transformations politiques elles-mêmes rendaient le repos dominical d'autant plus nécessaire. On voulait, dans la France de 1848, que pour faire honneur à sa nouvelle dignité civique, le peuple fût instruit. Eh bien, reprenait Montalembert, « le grand et implacable ennemi de l'instruction du peuple, c’est le travail du dimanche. Lui ravir le repos des jours saints,