‹ Autour du Catholicism socialChapitre 50 sur 106 · DO · texte numérisé non relu

DO

de tous est la religion, c’est travailler dans le vide *.… Pas de société sans religion, pas de religion sans culte, pas de culte sans dimanche ?... On cherche laborieusement des solutions à la crise où nous nous débattons. Il en est une qui peut les remplacer toutes, sans en exclure aucune : c'est le rétablissement de la loi morale. Cette loi n’a pas d'autre base n1 d'autre sanction que le christianisme, lequel n'a pas de précepte plus auguste, plus obligatoire et plus facile que l'observation du dimanche *. »

Mais de même que Rossi, naguère, avait contesté le droit de l'État d'intervenir pour le pauvre, toute une philosophie politique contestait le droit de l'État d'intervenir pour Dieu. Montalembert la bravait.

« L'État, maintenait-il, n'es pas incompétent pour protéger et défendre la religion. L'inertie de la puissance humaine entre le bien et le mal donne toujours gain de cause au mal, telle est la suite de l’infirmité originelle de notre nature #. »

Devant un auditoire que hantaient encore les idées de Rousseau, Montalembert rappelait la faute originelle. L’optimisme, qui niait ceite faute, avait cru que la libre concurrence produirait, d'elle-même, l'ordre et l'harmonie; l’idée naissante d’une législalion sociale marquait une réaction contre cet optimisme, un implicite aveu de ce qu'il y a de vicieux dans la nature humaine, un effort nécessaire du pouvoir pour remédier aux effets sociaux de ce vice. Par ces simples mots où 1l évoquait le péché originel,

MONTALEMBERT, Discours, III, p. 484.

MONTALEMBERT, Discours, 1Il, p. 487.

MoNTALEMBERT, Discours, III, p. 531.

MONTALEMBERT, Discours, III, p. 491.

Page 1