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Montalembert mettait en accusation la philosophie du dix-huitième siècle et les doctrines politiques issues de cette philosophie.
Elle objecterait peut-être qu’en imposant le respect social de la loi de Dieu, les pouvoirs publics léseraient ceux qui ne croyaient pas à Dieu; mais d'avance Montalembert répliquait : « La liberté de croire ce qu'on veut ou de ne pas croire du tout oblige à certains sacrifices, à certaines abstentions envers la liberté des croyants. Autrement, cette liberté du néant aboutirait à l'oppression de toutes les consciences et à l'anéantissement de tous les cultes !. »
« De la part de l'État, précisait-ii encore, l’indifférence à l'égard de la religion, ce n’est pas la neutralité, c'est la guerre; et si ce n'était la guerre, ce serait une chimère et une impossibilité ?. »
Ainsi s'associaient et se confondaient, dans la pensée de Montalembert, la défense des droits économiques du pauvre et la défense des droits politiques de l’idée religieuse. C’est à l'occasion d’une question sociale, Intéressant le pauvre, qu'il esquissait, avec une audacieuse ampleur, ce que devait être l'État. C'était l’époque où, de l’autre côté du Rhin, certains théoriciens du luthéranisme, comme Stah]l, développaient leur doctrine de |’ «État chrétien » : la doctrine de Montalembert était plus large et plus généreuse, exempte de tout ostracisme, exemple de toutes menaces contre une catégorie quelconque de citoyens; et tout en même temps elle