MONTALEMBERT, Discours, III, p
se rattachait en droite ligne aux théories du moyen âge sur le rôle social du prince, garant de Ia justice, — de la justice à l'avance définie par Dieu.
Elle fit scandale, cependant, — et scandale, non pas seulement sur les bancs de la gauche extrême, mais dans certains cercles conservateurs. Renvoyé à Charenton ! criait insolemment un député lorsque Montalembert eut terminé sa lecture ‘, et pas un membre de la majorité ne daigna féliciter l'orateur.
Les Mémoires du vicomte Armand de Melun nous font d’ailleurs connaître que dans la commission d'assistance et dans l'assemblée elle-même, nombreux étaient les députés qui se confinaient à la lutte contre le socialisme, à la « réfutation du mal », et que les deux frères Melun, Monlalembert et quelques autres, risquaient d'être des isolés lorsque, « d'accord pour la réfutation du mal, 1ls étaient aussi pour la recherche et la proposition du bien, et voulaient qu'on s’efforçât d'améliorer la législation ? ».
Léon Aubineau, quelques jours plus lard, commentait et déplorait l'étrange accueil qu’avaient fait à Montalembert beaucoup de ses coreligionnaires. « Le rapport, écrivait-1l, fut interrompu grossièrement par une partie de l'assemblée, tandis qu'il élait écoulé par l’autre avec cette confusion étrange qui saisit toujours le grand parti de l'ordre quand on lui parle de la nécessité de respecter ou de pratiquer la religion. » Et Aubineau ajoutait : « La conduite de nos législateurs et celle de la presse en présence du beau rapport de M. de Montalembert