WoERNER-GaAMS, 0p. cil., p
2, FRIEDRICH, 0p. Cit., p. 9,
notre avis, entraîner nécessairement la réforme de l'Église. »
Doellinger, à l'époque où il traçait ces lignes, aimait à se donner l'illusion qu'entre 1825 et 1870, ce n’était point sa propre conscience, mais le catholicisme romain, qui avait changé. Définitivement détaché de l'Église, il transporta, dans le récit qu’il nous fait de l'impression produite sur lui par le premier essai de Moehler, ses préoccupations et ses tendances d'émigré;mais ce que du moins nous en retiendrons, c'est le souvenir très net et très pénétrant qu'il conservait des joies intimes procurées par cette lecture, et l’on trouverait à plusieurs reprises, sous la plume du théologien Staudenmaier, un témoignage tout à fait analogue ! à celui que nous apporte ici Doellinger. Le traité de l'Unité dans l'Église fit véritablement vivre des âmes : en atteignant en certains lecteurs l’homme intérieur, il retentissait jusque dans ces sphères de l'être qui sont inaccessibles à l'oubli. Strauss, le jour où 1l rencontra Moehler, fut ébloui par la « faculté d'enthousiasme » qu'il notait chez son interlocuteur ?; c'est cette « faculté d’enthousiasme », que l’on voyait s'épancheret s’exalter, avec une verlu conquérante, dans ce livre où Moehler découvrait, à proprement parler, l'Église et l'Esprit.
Qu'on ne trouvât pas l'Esprit hors de l'Église, et qu'inversement, en sachant vivre dans l'Église, on y trouvât l'Esprit : cette leçon, qui sortait de l'expérience même de Moehler, et qui passait dans ses cours et dans ses livres, était très opportune pour le clergé
1. LAUCHERT, Franz Anion Slaudenmaier, p. 40 et suiv. (Fribourg, Herder, 1900).