‹ Autour du Catholicism socialChapitre 76 sur 106 · Rogerr be Mon, op. cit., I, pp · texte numérisé non relu

Rogerr be Mon, op. cit., I, pp

2. Sur Gottlieb Jacob Planck (1751-1833), voir LICHTENBER- GER, Op. cil., II, pp. 39-43.

3. Sur Philippe-Conrad Marheineke (1780-1847), voir Licu- TENBERGER, 0p. Cil., IT, pp. 324-341 et spécialement, sur sa Symbolique, pp. 326-327.

connaissance des symboles dans les confessions chrétiennes était susceptible de préparer une période de paix et d'union : faire besogne de symboliste n’était pas, nécessairement, faire œuvre de polémique. Moehler Jugeait de même : il nous présentera la Symbolique, dans sa préface, comme un livre de pacification ‘

Dans le traité de l'Unité dans l'Église, nous avions devant nous une âme fraîchement éveillée, enthousiaste de la découverte religieuse qu'elle venait de faire, légèrement inquiète, encore, des obscurités que son regard ne pouvait percer, et jouissant avec une sorte de fièvre du contact des autres âmes croyantes, comme si ce contact même devait mûrir, réchauffer,

1. Moehler dut être fort surpris lorsqu'il sut, en 1835, que le roi de Wurtemberg faisait rédiger par une notabilité de l'Église protestante un avis concernant la symbolique, et que la conséquence de cet avis devait être l'interdiction pour Moebhler, tant qu'il professerait à Tubingue, d'écrire sur certains sujets (FRIEDRICH, op. cit., p. 43). Altenstein, à son tour, le ministre des cultes prussien, eût fini par se décider, malgré les hermésiens, à lui confier quelque chaire dans l’une des facultés du royaume, s'il eût pu, lui aussi, obtenir de Moehler la promesse de certains silences. Mais d’emprisonner sa foi et sa pensée dans quelque « prison bien ornée », cela déplaisait à Moehler, que la « bonne bière catholique » de Munich consola bientôt d’avoir renoncé au « vieux vin rhénan prussien » et au « vin du Neckar ». {(FRIEDRICH, 0p. cit., p. 43.) Quelques colères qu'elle provoquât, Moehler, en écrivant sa Symbolique, avait cru travailler pour la pacification des âmes et aider à la connaissance réciproque des Églises ; était-ce sa faute, à lui, si les puissances protestantes et si les théologiens de la Réforme poussaient un cri de guerre ?

préserver, la jeune et tendre plante qu'était sa foi. La Symbolique nous montre une pensée assise, sûre d'elle-même, experte à délimiter le dogme et les opinions théologiques, à discerner l’enchaînement des propositions de la foi. L'auteur de l'Unité dans l'Église aimait le catholicisme comme une atmosphère; l’auteur de la Symbolique aime le catholicisme comme une synthèse.

Sept ans avaient suffi pour ce progrès.

Moehler, durant ces sept années, avait pris contact avec la scolastique ; il avait étudié saint Anselme et lui avait, en 1827 et 1828, consacré une assez longue monographie; il s'était familiarisé avec le thomisme; et sans prendre rétrospectivement parti dans les luttes entre scolastiques, il avait appris à estimer la théologie du moyen âge, et à en profiter. C'était l'époque où Hermès et Günther, chacun à sa façon, poursuivaient le procès de la scolastique en ne voyant en elle qu'un nominalisme sans valeur, incapable de réfuter sérieusement le panthéisme. Moehler ne laissait point d'admirer Günther ‘; et d'autre part, malgré l'hostilité dont il était l’objet de la part des hermésiens ?, 1l déplorait les polémiques orageuses aux-

1. Voir en particulier Gesammelle Schriflen und Aufsätze, Il, p. 252 : l’IZntroduction de Günther à La théologie spéculalive lui paraît un travail « fort pénétrant » et « bien réussi ». Mais il convient de remarquer que la définition même de l'histoire par Moehler, telle que nous l’avons donnée plus haut, est en opposition formelle avec la théorie de Günther d'après laquelle le monde n'aurait pas été créé pour la gloire de Dieu.

2. Sur Moehler et l’hermésianisme, et l'opposition victo= rieuse par laquelle les hermésiens empéchèrent la nomination de Moehler à l’université de Bonn, voir FRIEDRICH, op. cil., pp. 24 et suiv. — Quant au jugement de Moehler sur

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quelles l'hermésianisme donnait lieu. Mais son attitude à l'endroit de la scolastique était tout autre que celle de Günther et d’'Hermès; et tandis que Günther développait sur la Création, sur l'Incarnation, sur le progrès dogmatique, certaines théories ingénieuses el profondes, mais trop nouvelles pour n'être point bientôt caduques, trop personnelles pour que le Saint-Siège les laissât s’acclimater dans la communauté des fidèles, Moehler interrogeait les docteurs du moyen âge et faisait d'eux les collaborateurs de sa Symbolique. En quelques pages de son essai sur saint Anselme, il célèbre la richesse et la variété de pensée des scolastiques; il se demande si le mépris où les a tenus le dix-huitième siècle ne dénote pas, surtout, l'incapacité récente des hommes pour la compréhension des choses divines; il eritique, enfin, une certaine catégorie d’esprits qui, préoccupés avant tout de la tendance pratique du christianisme, font bon marché des vérités mêmes que la religion du Christ propose à la connaissance, et se préoccupent davantage de vouloir que de connaître. L'idéal, riposte Moehler, c’est de « vouloir ce que l’on connaît et de connaître ce que l’on veut; et voilà la recherche qui a caractérisé les chefs de la scolastique ! ». Moehler écrivait ces pages dans cette ville même de Tubingue où Hirscher, peu d'années auparavant, avait publié une brochure contre la philosophie du moyen âge; et dans l’article qu'il donnait en 1831 sur l’état de l’Église au quinzième

lhermésianisme, voir FRIEDRICH, op. cit., p. 20, n. 1. Sur l’hermésianisme et le guntherianisme, voir GayAU, op. cik., livre IT, chap. IV.

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