Retour à la sainte Eglise, trad. Lapeyre, pp
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gêne, M. de Ruville songeait à tous ces vetos que la Réforme lui signifiait; 1l lui semblait que lorsque les libéraux reprochaïient aux orthodoxes et les orthodoxes aux catholiques le manque de liberté, cette liberté dont alors ils parlaient n’était que la liberté de l'indifférence, la liberté de l’inaction. Mais, en fait, l'indépendance vraie, l'indépendance digne d’être souhailée, l'indépendance qui permet au chrétien, vraiment épris des choses divines, de s'approcher à son gré de son Seigneur et de le servir à sa façon, lui paraissait limitée et presque supprimée par certaines prohibitions de l'Église protestante, tantorthodoxe que libérale, comme par une « camisole de force ». Il y avait un droit qu'il lui était très dur de se voir marchander par son Église, à lui; c'était le droit éventuel d'emprunter, pour s'élever vers Dieu, certaines voies et moyens employés sous ses yeux par d’autres chrétiens que d’ailleurs il connaissait peu et avec lesquels 1l n’avait nulle envie de se confondre, — par les catholiques. Il avait affaire, dans sa communauté, à des pasteurs éminents et pieux; mais les secours qu'ils offraient à son âme lui faisaient l'effet d’être fragiles. « Rendre à Dieu des hommages publics, raconte-t-1l, lui adresser avec mes frères dans la foi de belles et solennelles prières, voilà ce dont mon âme était allérée. Et cela n'était que bien rarement permis, si l’on songe à la multiplicité des instructions qui étaient faites du haut de la chaire. J’enviais souvent aux catholiques leur culte si splendidement organisé, surtout leur messe quotidienne à laquelle j'avais eu l’occasion d'assister à l'étranger ‘. »