‹ Autour du Catholicism socialChapitre 83 sur 106 · Ouv. cilé, pp · texte numérisé non relu

Ouv. cilé, pp

qui l'avaient ramené vers le christianisme, lui Ruville, il éprouvait au contraire une sorte de déplaisir à sentir que sa certitude religieuse n'était que le couronnement d’un labeur dialectique; cela l'inquiétait, cela l’offusquait. S'il n'avait pas été un savant, s’il n'avait pas été, en quelque sorte et tout d'abord, un élu de la science, aurait-il eu l’occasion de rentrer au bercail de l'orthodoxie, et de s’y comporter en élu de la foi? Non certes, apparemment; mais alors, se demandait-il, « si une égale possibilité n’est pas offerte à tous les hommes d'acquérir et de conserver la foi véritable, solide, conforme au symbole apostohique, puis-je être satisfait de ma foi ? » La question, d'avance, dictait la réponse : M. de Ruville ne pouvait être qu’un croyant mécontent, et d'autant plus mécontent qu'il était plus croyant. « Si J'étais satisfait, observait-il, je ne posséderais pas la vraie charité chrétienne. Or, sans cette charité, ma foi est vaine. » Du jour où M. de Ruville se fut mis en présence d’une telle difficulté, il fut à nouveau troublé dans son bonheur de croire : « Le fait que dans mon Église tout bienfait spirituel dépendait de l’instruction donnée, du degré de culture intellectuelle des fidèles, était pour moi la source de sérieux scrupules et me paraissait un défaut !. »

Des années durant, la conscience de M. de Ruville fut comme obsédée par ce tourment; el ce fut sous l'impression d'un tel souci qu'il s’achemina lentement vers le catholicisme. Il ne rencontra, sur la route, aucune aide humaine, ou presque aucune. Les parents catholiques avec lesquels il conversait, les

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