‹ Autour du Catholicism socialChapitre 84 sur 106 · Ouv. cité, p · texte numérisé non relu

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prêtres que chez eux il rencontrait, le professeur autrichien Reinhold, dont les écrits apologétiques lui faisaient du bien, semblaient affecter de n’exercer aucune influence sur cet interlocuteur anxieux et de ne point entrer en tiers dans l’occulte dialogue, imperceptible encore, qui déjà s’engageait entre son cœur et Dieu. Si stricte était leur réserve, qu'à certains instants 1l en était comme découragé. Mais il continuait d'étudier ; le parti pris qu'il avait d’ « appartenir à l'Église où Jésus-Christ était le plus honoré » l’amena bientôt jusqu’au portique catholique; la lecture de Mochler et la ferme décision de se soumettre désormais à l'expérience dix-neuf fois séculaire de l’Église l'introduisirent dans le sanctuaire. En mars 1909, M. de Ruville devenait catholique. Avec des livres, il avait approché le catholicisme; il allait désormais le connaître, et pouvoir en parler, avec l’expérience même de son âme.

Or cette expérience lui manifestait, d'une façon décisive, l'absence, dans l'Église catholique, de ce « défaut » qu’il avait relevé dans la confession voisine. Il était arrivé à cette conclusion que la conviction chrétienne, telle que la présentait l’orthodoxie protestante, n'était vraiment accessible qu'à une aristocratie d’intelligences, et qu’elle était le fruit de la réflexion beaucoup plus que de la grâce. Mais, tout au contraire, une fois qu'il eut communié dans l'Église catholique, il comprit « la puissance exercée par l’Église sur les hommes de toute classe, de tout état, de toute culture intellectuelle ». Adieu donc le passé, ce passé dans lequel il fallait tant réfléchir pour obtenir le bonheur d'être, au sein du protestantisme, un chrétien convaincu :

Ici, dans cette Église catholique, le plus simple luimême pouvait sans difficulté arriver à un bonheur plus grand encore, et par suite découvrir en même temps la source de tous ces autres bonheurs que procure la conviction de posséder sûrement la vérité. Ici, il ne s'agissait pas de réflexions, mais de réalités sensibles, palpables. Le don fait par le Christ était indépendant du degré d'intelligence. Dans une pleine mesure, Jésus avait tenu compte des conditions humaines. Il s’offrait lui-même en nourriture et dispensait à ceux qui se nourrissaient de lui, dans un bonheur sensible en fait, la certitude de la foi, la garantie de la vérité chrétienne f.

Seul le catholicisme avait maintenu cette intention de Jésus : en prenant au sens figuré les mots chair et sang, la Réforme avait pu se livrer à de beaux développements philosophiques ; toutes les portes avaient été ouvertes à la spéculalion : on avait eu la religion de l'esprit, chère aux savants ; mais le peuple s'en était allé les mains vides ?. Un savant s’insurgeait enfin, un de ces favorisés de la Réforme, pour demander compte à la Réforme de la faute qu'elle avait commise en supprimant de l'héritage du Christ l’'Eucharistie, c'est-à-dire le don fait par le Christ à la vaste foule humaine, et en dissipant ainsi la plus grande grâce du christianisme. « Jésus, insistait-il, n'a pas, en premier lieu, tenu compte des savants, des riches du monde intellectuel, mais de la masse du peuple jusque dans ses régions les plus basses ÿ. » Et qu'importe que certains savants, qui s'efforcent de tout ramener aux règles de la logique et aux lois

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