‹ Autour du Catholicism socialChapitre 85 sur 106 · dé sat dal > Du · texte numérisé non relu

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de la nature, trouvent dans l'Eucharistie des difficultés ? L’Eucharistie, telle que le Christ la voulut, «ménage au contraire des facilités à la foides simples, qui auraient été entièrement incapables de comprendre un sacrement purement spirituel, tandis qu'ils sont disposés, malgré l'évidence du miracle, à accepter ce mélange du spirituel et du corporel ». Remontant l’histoire avec une allégresse conquérante, M. de Ruville se félicitait de voisiner ainsi avec ces hautes intelligences du monde juif ou du monde gréco-romain, qui surent tout de suite s'incliner devant le Christ eucharistique, et qui, tout de suite, se préoccupèrent de le présenter au monde et de lui donner le monde.

Il goûtait et il aimait, dans l'Église où il venait d'entrer, une société religieuse où il n'y avait pas de déshérités, une société dans laquelle les dons intellectuels n’assuraient aucun monopole, mais où le Christ, au contraire, continuait d'appartenir tout à tous. De ce point de vue s'éclairaient, pour le nouveau venu, certains aspects de l'Église catholique, qui longtemps avaient pu contrister ses susceptibilités protestantes. Le Rosaire, par exemple, cessait de lui apparaître comme un assemblage païen de prières.

L'Église, expliquait-il, ne veut pas seulement être la mère des hommes instruits et fortunés qui ont le temps et la capacité de s'asseoir devant un livre, mais celle surtout de ceux qui travaillent durement. Pour eux, le Rosaire est un moyen incomparablement plus propre à les édifier. Ils peuvent le prendre en mains à chaque minute libre, et ils le font volontiers. De là vient que

le Rosaire possède en lui une bénédiction particulière, et qu'il exerce même sur les savants, dans la mesure

où 1ls sont croyants, assez d’attraits pour les amener à le réciter, eux aussi, fréquemment i.

Misereor super turbam : disait le Christ. Il convient que l’Église authentiquement issue du Christ professe la même pitié, qu'elle ouvre à tous, largement, les sources de la vie spirituelle, qu’elle mette à la portée de tous les méthodes de prière qui contribuent à mériter la grâce, ou qui en assurent le bon usage, que toute la puissance de ses symboles, que toute l’éloquence de ses rites, s'emploie à traduire l'égalité des âmes devant Dieu. M. de Ruville accusait l’Église protestante de n’avoir pas gardé pour la foule des âmes cette efficace et nécessaire pilié; dans l'élite croyante dont cette Église était justement fière, un professeur se levait pour constater que dans l'établissement protestant tel qu'il avait évolué, la conviction chrétienne supposait un travail qu'on ne pouvait attendre que d'une élite. Il n’acceptait pas cet exclusivisme, 1l n’acceptait pas que l’agilité de son instrument dialectique lui créât, dans le domaine de la foi, une situation privilégiée ; et pour être plus complètement chrétien, il aimait désormais à prendre place parmi la foule des simples, à la table commune, toujours ouverte, que dresse indistinclement pour tous ses fidèles l’Église catholique, l'Église de l’Eucharistie.

D'avoir, dans un premier livre, raconté les tâtonnements qui l'avaient amené vers l'Eglise et décrit,

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