Paris, Alcan
2. Paris, Alcan, 1907. Voir au sujet de ce livre les critiques décisives de M. RENÉ PINON dans son remarquable ouvrage : l'Europe et l'empire Ofloman, pp. 494-569 (Paris, Perrin, 1908.)
croix de Savoie, ils souhaitent, eux aussi, que la France cesse de se mêler de ce qui ne la concerne point. Aussi M. l'abbé Kannengieser passa-t-il pour importun lorsqu’en 1900, dans un volume qui fit du bruit’,1l prouva la supériorité numérique desdépenses que fait la France pour les missions, tant en hommes qu'en argent; et je ne crois pas que la somptueuse publication du R. P. Piolet ait été mieux accueillie des ennemis intérieurs et extérieurs de notre protectorat traditionnel.
Les Missions catholiques françaises à la fin du dixneuvième siècle : ainsi s'intitule-t-elle ?. C’est une « plus grande France » qui se déroule lentement sous nos regards, une France éparse à travers le monde, plus solidement enracinée par l'esprit de sacrifice que par l'esprit de conquête, et non moins efficacement défendue par quelques cornettes de femmes que par une compagnie de soldats.
Ceux qui se sont familiarisés avec les complexités du problème islamique dans l’intéressant volume de M. Ludovic de Contenson : Chrétiens et Musulmans *, se rappellent la belle page où l’auteur nous fait rencontrer, au fond de l'Arménie, dans l'infortunée ville d’Orfa, « quatre petites Franciscaines, jetées loin de la France et presque ignorées d'elle, et qui, là-bas, luttent silencieusement pour sa grandeur ». On souhaiterait çà et 1à, dans la publication du R. P. Piolet, entendre parler, à côté des missionnaires, quelquesunes de ces « sœurs », les voir agir, les écouter souf-
1. Les Missions catholiques, France et Allemagne (Paris, Lethielleux).