Paris, Lethielleux, pp
agréable à Dieu, et digne — c'est mon jugement — d’une élévation de dignité ecclésiastique. Mais un seul homme ou un petit nombre peuvent être trompés dans leur assentiment, égarés par leur affection : il faut réclamer l'avis du grand nombre. Exposez donc, d’une libre voix, ce que vous savez de leurs actes et de leurs mœurs, ce que vous pensez de leur mérite; et dans votre témoignage, n’accordez rien aux impulsions du sentiment. Si quelqu'un de vous a quelque chose à dire contre eux, devant Dieu et à cause de Dieu, qu’il sorte des rangs avec confiance et qu'il le dise, en se rappelant pourtant sa propre condition. »
D'expliquer historiquement la portée de ce texte el les évolutions canoniques dont il demeure le témoignage, ce n’est point ici l'instant * ; et pour le commenter avec exactitude, il convient d'étudier, en tête du Jus decretalium du P. Wernz?, les pages consacrées à l’état de clerc et à l’état de laïque et de se rappeler surtout qu'aux yeux du concile de Trente une ordination ne saurait être frappée de nullité sous le prétexte que le consentement du ‘peuple, ou du pouvoir civil, ou des magistrats, aurait fait défaut. Mais dans cette même session — c'était la vingttroisième — où le concile sauvegardait ainsi l’indépendance de Ia hiérarchie ecclésiastique, il édictait une mesure qui rappelle, par son esprit même, ce curieux texte du Pontifical ; il prescrivait qu'avant chaque collation des ordres majeurs, on devait, dans l’église proclamer le nom des ordinants et par
1. Sur les origines de cette formule du Pontifical, et sur les formules similaires du Primitif sacramental Gélasien et du Missale Francorum, voir DUuCHESKNE, les Origines du culle chrétien, étude sur la liturgie latine avant Charlemagne, pp. 340 et 354-357. (Paris, Fontemoing, 3° édit., 1902.)