Thureau-Dangin, op. cit.^ III, p
jadis il avait aimé Télégance distante du clergyman anglican et redouté, peut-être, le contact un peu fruste des pauvres prêtres catholiques, autant, avec l'âge, Manning s'était fait peuple. « L'époque qui vient, écrivait-il en 1891 au comte Albert de Mun, appartiendra, non aux capitalistes ni à la bourgeoisie, mais au peuple... La vraie demeure de l'Église est chez le peuple ^ » Manning escomptait le siècle futur : s'adressant à des fidèles dont les grands-pères semblaient gênés par leur propre catholicisme comme on l'est par un anachronisme, Manning, au contraire, leur ouvrait et leur livrait l'avenir. Il émettait, avant l'heure, dans son livre : De la dignité et des droits du travail, certaines thèses que l'école de Manchester pouvait à juste titre réputer des affronts, la thèse, par exemple, de la fixation d'un salaire minimum *. Avec Manning, le catholicisme anglais était devenu assez fort pour conférer avec l'industrie anglaise, c'est-à-dire avec la puissance qui depuis près de deux cents ans assurait à l'Angleterre une éclatante façade de prospérité ; et devant cette façade, Manning surgissait, porte- voix des pauvres *.
Un publiciste d'outre-Manche, M. George Haw, •ntreprenait dernièrement une enquête, auprès des clergymen et des ouvriers anglais, sur la situation prise par les diverses Églises protestantes d'Angleterre à l'endroit de la question ouvrière.
Des ecclésiastiques de haut rang, comme le doyen Kitchin, ne craignaient pas de reconnaître, devant l'interrogateur, ce qu'il y a de guindé, de trop pro-