‹ Autour du catholicisme social (volume 3)Chapitre 89 sur 97 · Jean d*Arro8, op. cit., p. 48 et suiv · texte numérisé non relu

Jean d*Arro8, op. cit., p. 48 et suiv

Pierre traditionnellement réservée aux souverains *? Les démocraties du xix« siècle, en leurs premiers soubresauts,eurent l'illusion que ce qu'elles croyaient, elles, ou plutôt ce que la majorité croyait, était la vérité, la vérité d'État, et que ce qu'elles voulaient, elles, ou plutôt ce que la majorité voulait, était la justice, la justice infaillible. Cette illusion compromit irrémédiablement certains apôtres du droit populaire; et, comme les papes du moyen âge avait condamné la souveraineté absolue des rois. Pie IX se vit forcé de condamner la souveraineté absolue des peuples. Mais, comme les papes du moyen âge avaient acclamé, sous le drapeau guelfe, l'autonomie des villes lombardes, Léon XIII acceptait et aimait la démocratie, en tant qu'elle était l'autonomie des peuples sous la sujétion de la morale supérieure. La doctrine de la souveraineté absolue des peuples est si peu inhérente, d'ailleurs, à l'essence de TÉtat démocratique, que la démocratie des États-Unis s'est spontanément subordonnée à une Cour suprême chargée de déclarer souverainement que la volonté des représentants, c'est-à-dire la volonté de la démocratie, est, dans certains cas, contraire à une justice supérieure, et par conséquent nulle. La démocratie américaine, par une sorte de postulat, décerne à sa Cour suprême une prérogative de quasi-infaillibilité; et il est assez piquant de constater que le cardinal Gibbons, dans le chapitre de son livre : la Foi de nos pères, consacré à l'infaillibilité pontificale, évoque Texemple de ce tribunal d'outre-mer pour établir, par analogie, la nécessité d'un pouvoir suprême

. 1. De Mun, Discours, V, p. 180-181. — « Le vieillard du Vatican, disait dès 1803 M. Tabbé Naudet, saluait ainsi et consacrait une royauté nouvelle, la royale Démocratie baptisée par réglise de Dieu. *. (Naudet, La. démocratie chrétienneff p. 24, Liège, 1893.)

permanent et stable à la tête de l'Église *. Ce n'est pas la seule fois, du reste, que des comparaisons empruntées à la vie américaine ont servi à défendre les institutions ou les revendications de TÉglise romaine: qu'on se rappelle, plutôt, le parallèle tracé par Mgr Ireland, en Tannée 1900. entre Washington et Rome *. Washington, dont les citoyens ne sont admis à aucune vie politique, achète par cette privation l'honneur d'être une capitale fédérale : l'archevêque de Saint-Paul s'armait de ce précédent pour plaider en faveur du caractère international de la Ville éternelle, capitale de cette autre fédération qu'est la chrétienté. La démocratie américaine n'offre pas seulement au Saint-Siège un afflux de fidèles | et de promesses, mais aussi un renouveau d'argu- | ments. '

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