‹ Autour du catholicisme social (volume 3)Chapitre 91 sur 97 · Revue des Deux-Mondes^ !•' août 1903, p · texte numérisé non relu

Revue des Deux-Mondes^ !•' août 1903, p

2. Charles Beaoist, Souverains, hommes d'État, hommes d'Église, p. 120. (Paris, Lecène, 1893.)

effef une heure propice, et il y avait comme une harmonie préétablie entre son tempérament de diplomate et les exigences des temps. On sortait d'une période où l'Église, pour assurer sa vie et définir son intégrité, avait dû se resserrer elle-même, se distinguer, avec quelque chose d abrupt et de compassé, de tout ce qui n'était point elle, se contraindre à une incessante surveillance d'elle-même et de ses abords, et affecter l'aspect d'une citadelle d'exclusivisme, au risque de paraître « intolérante ». Les circonstances nouvelles, en même temps que son propre intérêt, conviaient l'Eglise à quitter cette tactique défensive, à projeter autour d'elle toute une série d'avenues, à prier l'humanité qui passe de se considérer comme une invitée : Léon XIII était par excellence l'homme de ce rôle.

Justifiant à merveille, en son sens étymologique, . le mot même de pontife, il s'essaya toujours à jeter des ponts, tantôt vers les hommes politiques et tantôt vers les peuples ; tantôt vers les savants, par la loyale et large ouverture des archives du Vatican ', et tantôt vers d'autres travailleurs, ceux de l'usine ; tantôt vers les petites communions séparées qui pullulent encore dans l'immobile Orient *, et tantôt vers les Eglises slaves, gardiennes d'antiques liturgies * ; tantôt vers les Anglais, qui « cherchent le royaume de Dieu dans l'unité de la foi * », et tantôt vers les Indiens des Indes orientales, admis et même conviés à recruter parmi eux un clergé indigène *.

La lettre Praeclara^ écrite par Léon XIII en 1894, au lendemain du Jubilé •, demeure comme le testa-

Page 1