‹ Autour du dilettantismeChapitre 11 sur 46 · Numéro du 15 décembre · texte numérisé non relu

Numéro du 15 décembre

double antipathie, nous citerons les paroles que, dans ses Noces Corinthiennes, M. France prête au jeune Hippias, et dans lesquelles, au témoignage de M. Rod, il laisse voir « le vrai fond de son àme » :

Dieu des Galiléens! je ne te cherchais pas, 0 fantôme, tu viens te dresser sur mes pas, Tu lèves contre moi ta droite ensanglantée! Écoute, prince impur d'une race infestée : Je respectais ton nom en mon àme obscurci, Et je ne croyais pas, Christ, grâce à celle-ci, Ce que disent de toi les vieillards et les sages. Je n'ai point écouté la raison, les présages; Je t'ai cru bon, pareil à ces rois de l'éther, Qui pensent hautement et pour qui l'homme est cher. Je te connais enfin, Esprit gonflé d'envie, Spectre gui viens troubler les fêtes de la vie, Mauvais démon, armé contre le genre humain. Qui fais traîner le chant des pleurs sur ton chemin, Dieu contempteur des lois, puissant par la magie, 0 Prince de la mort (1).

1. La fin de cette tirade, que les convenances nous empêchent de reproduire, indique plus clairement encore ce qui, dans le christianisme, déplaît surtout à M.France.

Après cette citation, M. Rod peut bien ajouter : « Est-ce que, dans ces vers enflammés, on ne pressent point déjà la pensée rebelle et frémissante qui grondera plus tard dans Thaïs et dans les Opinions de M.Jérôme Coignard'i'v [Revue de Paris, 15 déc. 1894, p. 737.)

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