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de ce qu'il dit, puisque certainement, quoi qu'on cite de lui, il a dû aussi affirmer le contraire, voyons ce que pensent de sa dernière évolution ceux qui l'ont observé de plus près. On a cité sur lui ce joli mot de M. Paul Bourget : « Cet homme me déconcerte. J'attendais une lin imposante, un coucher de soleil dans une gloire. Il me donne un coucher de soleil derrière les tonnelles 1 . » Mais le témoignage décisif qui permette d'affirmer le dilettantisme absolu de la philosophie renanienne sous sa dernière forme, nous voulons l'emprunter à l'étude a plus récente, la plus pénétrante aussi, qui ait été écrite sur l'auteur des Dialogues et des Drames philosophiques, de Caliban, de ÏEau de Jouvence, du Prêtre de Xemi, de l'Abbesse de Jouarre, des Discours et Conférences et de Y Examen de Conscience philosophique :
« Renan a renversé l'ordre d'une belte
1. Cite par M. Faguet dans son article : L'n portrait de Renan. — Rivue Rleue du 29 décembre 1894.
vie, dit M. Gabriel Séailles. L'éducation religieuse, qui s est prolongée pour lui pendant les longues années de l'enfance, lui a fait une richesse morale qu'il a crue inépuisable. Contenue par des habitudes anciennes, remplie par des travaux austères, toute livrée à la passion désintéressée du vrai, sa jeunesse a continué son enfance et ne lui a laissé ni regrets ni remords. Trop rassuré peut-être par ce passé, il a laissé couler sur la route les trésors acquis, il a mis du temps à les épuiser, mais à ce jeu de prodigue il s'est ruiné ou à peu près. L'impossibilité où il se voyait de plus en plus de faire des sottises l'autorisait à dire toutes celles qui lui passaient par la tête; il se rendait cette justice qu'il n'avait fait aucun mal, il ne songeait pas qu'écrire, c'est agir, et qu'on a sa part des fautes de tous ceux dont on affaiblit la conscience et la volonté (1). »