‹ Autour du drapeau [microforme]Chapitre 31 sur 39 · ET · texte numérisé non relu

ET

* quement, voilà qui fait toucher du doigt * l'action sectaire.”

‘Maintenant, savez-vous où est ce M.

Goggin ?

‘Il a été appelé au Nord-Ouest pour y façonner un système d'éducation conforaux goûts de la secte. Les religieuses catholiques doivent, de par la loi, aller l'entendre pérorer chaque jour pendant plusieurs mois. Les sœurs, recevoir des lecons d'éducation d’un Grand Maitre de la franc-maçonnerie !!!”

“ Cependant, au Nord-Ouest, la francmaconnerie se propose d'être plus rusée qu'au Manitoba, où elle a failli manquer son coup. Ecoutez ce qu’on proclame an Nord-Ouest.” -- Remarquez bien: c'est Mgr Taché qui nous le dit, citant les paroles de nos ennemis.

“On sera plus habile qu'à Manitoba; ‘“ dans cette dernière province on a fait “ trop de bruit ;.on a procédé trop ouver- “tement. Dans le Nord-Ouest, on sera

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‘ plus rusé, on gardera mieux les formes ‘et on arrivera au même résultat, plus ‘{ facilement et aussi directement.”

Ils y ont été aussi aveë plus d’astuce ; ils ont laissé aux catholiques leurs écoles, mais ils s’en sont approprié la direction de laquelle ils ont exclu toute influence catholique.

Lorsque les catholiques lésés viennent demander le désaveu de ces iniques ordonuances, on répond: On a du temps ; car, il ue s'agit pas du désaveu d’une loi pour laquelle on n’a que douze mois à se voir, mais d'une ordonnance que l'on peut désavouer quand on le voudra, dans dix ans si l’on veut. |

Ce qui veut dire: les catholiques sont patients, eux, ils peuvent attendre pendant que nous allons user d’expédients politiques. La lettre de Nos Seigneurs les Evêques, au nombre de trente-un, demande un remède aux maux dont souf-

frent nos coreligionnaires du Manitoba et du Nord-Ouest.

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Les Evêques demandent de désavouer l'Aci du Parlement du Manitoba de 1894, plus injuste encore, je crois, que celui de 1890. Voici ce qu'en disent nos Evêques:

‘“ La conséquence de cette nouvelle loi est que, une municipalite même toute catholique et dans luquelle il n’y aurait pas même un seul protestant, n’a pas le pouvoir de collecter un seul dollar pour les écoles catholiques, taudis qu’une municipalité catholique, dans laquelle il y aurait, disons, dix cnfants protestants, est obligée, par la loi, de meitre les cathol:ques à contribution aussi bien et de la même manière que les protestants, pour fournir l'argent nécessaire au soutien de l’école fréquentée par ces dits enfants pretestants. -

‘ Cette même loi de 1894 va plus loin; elle décrète la confiscation de toutes les propriétés scolaires, de tous les arrondissements qui ne soumettront pas leurs écoles à la nouvelle loi, et on lit à la section 2:

“ Dans tous les cas où l’organisation d'un district scolaire manque de se continuer, le Conseil de la municipalité dans laquelle se trouve ce district, aura tout pouvoir et autorité, et il sera du devoir du dit Conseil de prendre la charge de tous les biens meubles et immeubles du district scolaire et de les administrer au profit des créanciers du dit district scolaire, s’il y en a.”

En second.lieu, nos Evêques, pour le soulagement de nos frères du Manitoba, demandent à rémédier à la loi inique de

‘ De donner telles directions et prendre telles mesures que Son Excellence le Grouverneur Général en Conseil croira les plus propres à apporter soulagement aux maux dont souffrent les catholiques romains de la province du Manitoba, par suite des lois scolaires passées dans la province, en 1890.”

Nos Evêques viennent au secours de

nos frères du Nord-Ouest et demandent :

“De communiquer avec le Lieutenant- Gouverneur des territoires du Nord-Ouest, afin que les ordonnances soient modifiées de façon à corriger les griefs dont se plaignent les catholiques du Nord-Ouest, et qui sont le résultat de l'ordonnance No 22 sanctionnée à Régina le 81 décembre 1892; et vos pétitionnaires, comme c’est leur devoir, ne cesseront de prier.”

Suivent les signatures de trente et un évêques, y compris un cardinal et tous les archevêques du Canada.

Je ne vous cacherai pas, mes chers habitants, que ce qui m'étonne est de voir que nos évêques aient été obligés de demander au Gouvernement un remède pour soulager les maux de ceux que les membres de ce gouvernement s'étaient engagés de protéger sous la foi d’un serment.

La politique a pour but de rendre un peuple heureux et prospère ; ici, en Cana-

da, la politique aurait-elle pour but de rendre heureux et prospère d’autres que le peuple ?

Mgr Taché, je ne crains pas de le dire, dans la belle naïveté de sa grande âme.

croyait qu'il se ferait une grande agitation pour ce qu’il appelait notre cause religieuse, agitation aussi forte que celle qui avait eu lieu lors du renvoi du cabinet Boucherville par le Lieutenant-Gouverneur Letellier de St-Just ou du renvoi du cabinet Mercier par le Lieutenant- Gouverneur Angers.

Les lettres qu'il arrose de ses larmes, — ce n’est pas une figure de rhétorique que j'emploie ici,--nous font voir qu'avant de mourir, il avait acquis la conviction que les intérêts politiques faisaient oublier chez quelques-uns les intérêts religieux et nationaux.

Dans cet incident des écoles du Manitoba et du Nord-Ouest, il n'y a que l'élément vraiment religieux qui soit allé

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droit au but ; si nous n'avions pas eu nos Evêques, plus ies rédacteurs de quelques journaux, la question des écoles eût été enterrée à tout jamais comme celle de la langue française—question nationale par excellence disent ceux... qui la laissent disparaître sans prononcer un mot.

Nos Evêques ont protesté non-seulement maintenant, mais dès 1891 ‘ pendant qu'il était,” dit M. Tardivel, ‘ constitutionnellement possible pour le gouvernement Fédéral de désavouer la législation inique de 1892. Tant pis pour ceux que cela concerne s'ils n'ont pas écouté la voix autorisée de nos Evêques demandant un remède quelconque au mal dont souffrait la minorité manitobaine. Ce sont eux, non les évêques, qui sont obligés de faire respecter la constitution.” Ils sont payés par le peuple pour cela.

Ici, faisons une réflexion.

Nos Seigneurs les Evêques demandent un remède aux maux dont souffrent nos

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frères du Manitoba. Mais quel remède apporter ?

Ces vénérés prélats laissent la réponse à qui de droit. Ils ne veulent pas se jeter dans la tourmente politique-—ce que d’ailleurs leur défendent certains politiciens—mais ils se contentent de dire:

Vous avez promis telle chose à nos frères du Manitoba ; maintenant on leur enlève ce que vous leur aviez promis, nous vous enjoignons au nom de la justice et de la paix d'y voir—vous devez être capable de remplir vos promesses. Il y a trois ans de cela et les promesses n’ont pas encore été remplies. Le seront-elles ?

Nos Seigneurs les Evêques ont fait ce que Mgr Taché, à qui l’on jette le blâme, a fait. Iln’a pas voulu se jeter dans la tourmente politique, “ ce qui répugnait à son caractère,” mais il a protesté et ceux qui le blâment ne se souviennent donc

pas d’une chose: “ La loi, dit Mgr Taché,

qu'on nous applique, a été volée à l’unani-

mité par la législature d'Ottawa. Si les procédés auxquels on a recours aujourd’hui tournent à notre désavantage. nous serons les victimes ; tandis que les membres du Parlement auront seuls la responsabilité de ce que nous aurons à souffrir.

Ecoutons bien tous ces dernières paroles de Mgr Taché: ‘ O vous tous... si vous faites de la politique, il ne vous en coûtera pas de dire à ceux qui, comme vous, s'occupent de la chose publique, de quelque couleur qu'ils soient,que le sort de nos écoles est entre leurs mains, mais que nos volontés, elles, ne le sont pas ; et que nous ne serons satisfaits que quand justice sera rendue aux minorités. Que votre incontestable talent d'écrire et de parler dise bien ces choses, et le livret noir de l'histoire repoussera vos noms et les nôtres pour ne faire place qu’à ceux des vrais cou- * pables.”

Nous venons de voir ce qu'ont fait nos Evêques et surtout ce qu'a fait Monseigneur Taché.

Examinons maintenant l'opinion de certains hommes politiques que j'ai rencuontrés dans mes voyages.

Permettez, mes chers habitants et artisans, de vous raconter le trait suivant.

J'étais en chemin de fer. Il y avait là des députés bien polis ; nous échangeâmes des saluts. Si je connais des milliers d’habitants et d'artisans, je dois vousdire que je connais peu les grands de ce monde.

Ma vocation est ‘ d'évangéliser Jes pauvres ” et je m'en tiens là. Chacun a une place particulière dans l'Eglise de Dieu ; ja mienne—que Dieu en soit loué !—est d'être avec vous tous, mes chers amis.

quand vous me parlez, je vous comprends; quand je vous parle, vous voulez bien me dire que vous me comprenez; qu'il en soit toujours ainsi!

J'étais donc en chemin de fer. Comme Canadien, comme Oblat, j'avais, moi aussi, suivant l'expression de Mgr Taché, mes frères de là-bas dans la tête et dans Île

cœur. J’abordai le sujet. Croyez-vous, messieurs, que nos frères des prairies obtiennent justice ?

—" Comment? Mais en doutez-vous ? ” reprit un député ministériel. ‘Ne savezvous pas que c’est le gouvernement Grreenway qui a fait cela, un gouvernement libéral ? Pour qui nous prenez-vous donc ?

“Comment! voilà des gens qu'on accepte dans la Confédération à telle et telle condition. On leur promet; sur la foi d'un traité, qu'ils auront leurs écoles, et vous croyez, mon Père, que les députés catholiques les laisseraient maltraiter ? Allons donc !”

Un oppositionniste, voyant que ces paroles du député ministériel me laissaient froid me dit: On m'a soutenu que vous aviez des tendances libérales, mon Père ; m'a-t-on dit vrai ?

— Qu’entendez-vous, repliquai-je, par libéral ?

— J'entends, mon Père, un homme aux idées larges.

ET LA LIBERTE D'ENSEIGNEMENT Î4l

— Mais, monsieur, tout le monde prétend avoir des idées larges.

— Cependant, mon Père, vous paraissez bien exclusif pour mériter le titre de libéral, et voilà pourquoi quelques libéraux vous ont dit tant d'injures.

— Si, pour être libéral, il ne faut pas être exclusif, avouez, monsieur, que Dieu n'est pas libéral, puisqu'il a exclu un grand nombre d'anges du ciel.

— Mais, mon Père, vous vous placez sur le terrain religieux; libéral, pour moi, veut dire: libre échangiste—je ne suis pas pour ‘“ la protection.”

— Alors, monsieur, que ne le dites-vous de suite? Je vais vous faire connaître les idées de l’Eglise sur ce sujet. Léon XIII nous les a communiquées.

L'Eglise accepte toutes les formes de gouvernement. Elle n’a jamais voulu abolir la république catholique de Venise, et elle envoie sa bénédiction chaque année à la présente répubiique de l’Equateur

tant détestée par les républicains de certains pays.

Mais revenons monsieur, au libre-échange ou à la protection, c’est-à-dire au système politique qui veut que l’on taxe ou que l’on ne taxe pas tous les articles de eommerce quinous viennent de l'étranger.

Sur ce point, mon cher ami, vous avez pleine liberté. Jamais prêtre n'a eu la pensée de refuser les sacrements à ceux qui étaient Hbres-échangistes, car ceci est une affaire de circonstances qui peuvent varier avec la nature et la quantité de nos produits et le bon ou 1: mauvais vouloir de nos voisins. Pour échanger, ne l’oublions pas, il faut compter avec sou voisin.

Je connais de chauds protectionnistes que jai entendus pérorer dans ma jeunesse sur les avantages du libre-échange, et vice-versa. Les uns et les autres disent qu'ils n'ont pas changé; ce sont les circonstances qui ont changé. Le bien du

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peuple et la politiques de nos voisins des Etats-Unis exigent souvent des changements de tarif, disent les hommes politiques des deux partis. Qui dira qu'ils aient tort ?

Donc, mon cher ami, l'Eglise catholique vous met bien libre d'être libéral politique ou conservateur politique. Mais si, par libéral, vous entendez un libéral catholique, c'est-à-dire un homme qui professe les doctrines du libéralisme catholique, condamné par Pie IX et par Léon XIII, c'est-à-dire bien que vous soyez libéral ou conservaleur en politique. si, au point de vue religieux, vous voulez par cette dénomination désigner un homme s’efforçant de restreindre l'action du prêtre ou de l’évêque dans le monde social, un homme dont les idées sont tellement étroites—rcinarquez bien que je ne dis pas larges—qu'il veut circonscrire l’action des ministres de Jésus-Christ entre les quatre murs d'une sacristie, je vous ré-

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poudrai que le prêtre doit veiller sur ses ouailles partout où elles se trouvent, comme un père de famille sur ses enfants; que partout où il peut se commettre une iujustice, le prêtre a le droit d'intervenir et de menacer au nom de Jésus-Christ, le coupable, des foudres divines; je dis de plus que le prêtre est un citoyen comme tout autre citoyen, qu'il peut protéger ses intérêts, ceux de son père, de sa mère, de ses frères comme tout autre citoyen; qu'il peut être pour la protection ou le libreéchange en Canada, démocrate ou républicain aux Etats-Unis comme bon lui semble, mais qu'il lui est défendu d’être libéral catholique, c'est-à-dire un libéral à la manière de certains hommes politiques qui veulent que le prêtre reste dans la sacristie où ils ne mettent jamais les pieds—manière commode de se débarrasser de lui. Sachez, monsieur, qu’en devenant prêtre, je n’ai pas perdu le droit de m'intévesser au bonheur temporel de mon

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père et de ma mère et de mes cnmpatriotes.

Ceux qui veulent m'en empêcher ont des vues,— non pas larges — mais très étroites. Voilà ce que j'avais à vous dire, monsieur, pour répondre à des accusations malveillantes qu’on fait contre moi.

Maintenant, revenons à la question.

Ne croyez-vous pas, monsieur le Député ministériel, qu'on va avoir la faiblesse de retarder indéfinintent

—(Vivement) Mais il n’y a pas de retard possible. L’Acte du Manitoba est là.

— Mais, monsieur, les francs-maçcons.…

— Pouah ! les francs-maçons ne peuvent rien faire contre nous. Croyez-vous que les catholiques vont se laisser mener par le bout du nez dans une affaire si claire ?

Vous allez voir si nos ministres vont arranger ça comme il faut. Ils ne sont pas

vour Green way.

— Mais s'ils voulaient continuer à user d’expédients ?

— Ils ne tiendraient pas vingt-quatre heures, et seraient balayés à la prochaine élection.

Quelque temps après que le chef de:

l'opposition eût dit : Si les écoles du Manitoba sont des écoles protestantes, je dis.

que c’est une injustice, etc., etc. je rencontrai un homme, ennemi politique de l’Honorable chef de l’opposition. Ce politicien me dit: Avez-vous vu tel journal ?

Le chef se fait-il arranger un peu ?

— Comment cela ?

— Mais Mgr À. Taché vient de prouver clairement comme deux et deux font quatre, que les écoles du Manitoba sont des écoles protestantes. Le chef de l’opposition a engagé sa parole ; s'est-il mis.

dans le sa un peu ?

— Monseigneur, répliquai-je, a prouvé que les écoles communes du Manitoba.

étaient protestantes ?

— Certainement, mon père.

— Alors, monsieur, permettez-moi de-

ver ont ont ’0pmis:

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vous demander ce que va faire le gouvernement. Ceci est bien plus important que de savoir ce que vont faire ses adversaires. Il est vrai que j'ai bien le droit de savoir maintenant ce que fera monsieur un tel quand il sera l’aviseur du représentant de la Reine, mais il y a une chose qui presse plus que cela. En attendant que ce monsieur soit au pouvoir, voulezvous me dire ce que vont faire ceux qui y sont? Ils ont les destinées de nos frères entre les mains, et je vous demande ce qu'ils vont faire et ce que vous allez faire.

Les catholiques du Manitoba lésés dans leur droit s'adressent, par la bouche de Mgr Taché,et ne peuvent s'adresser à d'autres qu'au gouvernement qui, d'après le jeu de notre constitution dispose toujours de la minorité. Qu'avez-vous à répondre à cela, monsieur ?

—Je réponds, mon Père, qu'il y a desen nemis du gouvernement qui ne sont pas sincères.

-— Je l’admets volontiers puisqu'ils ne veulent pas se présenter avec un programme politique dont le premier article serait : liberté } our nos frères des prairies, liberté pour nos pères de famille, catholiques ou protestants ; mais le mal de l’un ne guérit pas celui de l’autre.

Ecoutez le trait suivant que me racontait un vieillard des environs de Québec.

Mon père me répétait souvent, me ditil, l'histoire suivante : j'allais chasser dans les forêts qui couvrent les montagnes que vous voyez. On m'avait dit de faire attention au petit Joe ‘“ le batailleur ” et au grand Chambers “le boxeur.” (C'étaient les noms de deux voleurs qui allaient se cacher dans les montagnes. Une bonne nuit, Joe ‘‘ le bataïlleur,” entra sans bruit dans ma tente, me vola toutes mes pelleteries, mon fusil, mon lard ; puis en partant il me réveilla en disant: Remerciemoi de ce que jete laisse ton pain pour te permettre de t'en retourner. Je revins

chez moi et m'empressai d'aller trouver un juge de paix pour lui demander ce que j'avais à faire pour obtenir justice. Il me répondit: Vous avez eu bien de la chance que ça fut Joe ; si c'eut été Chambers le boxeur, ilne vous aurait pas meme laissé de pain. C’est toute la réponse que j'âi eue.

Le vieillard ajouta: mon père finissait toujours son histoire par cette réflexion :

cet homme, voyez-vous, n’avait pas d'intérêt à me protéger.

On dit que l’histoire se répète. Celle du moins, que je viens de citer, se répète:

on blâme le chef de l'opposition de ce qu'il ne veut pas s’exposer à perdre l’appui de ses amis, et l’on félicite un parti-

san politique qui suit la même ligne de conduite pour ne point perdre l’amitié des siens.

IlLest temps maintenant de faire un résumé de la question.

1o Manitoba n'aurait jamais fait partie

de la Confédération si l’on n’eût pas promis aux catholiques pleine et entière liberté dans la question scolaire.

20 Par l’Acte du Manitoba, on a voulu leur accorder cette liberté dont jouissaient les autres provinces de la Confédération rouges et bleus, tories et grits étaient unanimes.

8o En foulant aux pieds toute justice, le gouvernement du Manitoba veut obliger les catholiques à payer pourlesoutien d'écoles neutres ou protestantes.

4o Les catholiques du Manitoba, peu nombreux, ont revendiqué leur droit auprès du gouvernement d'Ottawa.

5o Le gouvernement d'Ottawa a référé la chose aux tribunaux qui, en dernier ressort, se sont déclarés contre les droits des catholiques.

60 Ceci s'est passé en l’an de Notre-.

Seigneur 1893, alors qu'il y avait deux millions de catholiques dans la Confédération et six cent cinquante mille protes-

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