‹ Autour du drapeau [microforme]Chapitre 37 sur 39 · RE · texte numérisé non relu

RE

Les pauvres vieillards, les infirmes, les esclaves malades, les enfants difformes étaient tués sans merci on abandonnés à leur triste sort.

Depuis que Son Eglise a été fondée, il s’est produit une complète transformation.

Maintenant, tous les êtres souffreteux de l'humanité ont du bon pain à manger et de bons lits pour se reposer. Au temps du paganisme, l'immoralité était si grande, qu'il y avait des dieux et des déesses pour protéger tous les vices, le voleur rendait hommage à tel dieu et le libertin, à telle déesse.

Le lys de la chasteté, ne fleurissait pas sur la terre. Par respect pour mes lecteurs, je ne lèverai pas le voile qui dérobe à nos regards toutes les turpitudes du monde païen pour lequel ‘ tout était dieu excepté Dieu lui-même ;” qu'il me suffse de dire que la virginité était inconnue— et que les païens avaient un jour qui correspond à notre vendredi, où ils adoraient

une déesse dans les temples de laquelle les flots de la population entière se précipitaient pour se livrer aux orgies les plus infâmes.

Depuis que Jésus a paru dans le monde, que s'est-il passé? Les dieux et déesses qui représentaient les vices sont tombés de leurs faux autels, et la croix, signe de ralliement pour tous les cœurs généreux, pour tous les sacrifices et dévoûments, a jeté son ombre protectrice sur le monde.

Des millions de vierges et de martyrs ont surgi du pied de la croix pour rendre hommage à la vertu que Jésus avait enfantée dans le sang du Calvaire.

Mais pourquoi aller si loin ? Mes chers lecteurs, regardez autour de vous et ditesmoi lesquels sont les plus vertueux ?

Sont-ce ceux qui écoutent l'Eglise ou ceux qui s’en moquent? Ecoutez ce que vous disent vos prêtres, et il n'y aura parmi vous, ni voleurs, ni meurtriers, ni ivrognes, ni libertins, ni blasphémateurs.

we. | -

s rer Ter en TE

2 ee CS CS

nr, nettes TT eo me

Ecoutez l'Eglise et nous pourrons d‘inolir les prisons

Que deviennent ceux qui ne venlent plus rentrer dans les églises? qui ne veulent plus écouter ni prêtre, ni évêque ? Comme la réponse est sous vos yeux tous les jours, je n’ai pas besoin de vous la donner.

Avant de terminer, remarquons bien use chose : les peuples qui ne veulent pas se ranger sous le draneau de l’Église devront y venir ou périr' pas de milieu.

Car ia société est composée de familles et il n’y a que l’Église catholique qui protège efficacement la famille. Chez elle, le mariage est indissoluble : “ Quand on se marie, c'est pour toujours,” suivant le proverbe canadien; et la vie de l'enfant appartient à Dieu. Voilà pourquoi iles familles où se conservent les traditions catholiques sont généralement si nombreuses, tandis que les autres, comme nous le voyons chez nos voisins, disparaissent.

Aitachons-nous donc plus que jamais à cette sainte Eglise catholique, la seule base du vrai progrès moral dans le monde,

la seule Eglise qui fasse des saints pour le ciel.

x M'A Lan) OR

À AN Sie ce CHAPITRE XV L'ÉGLISE ET LE PROGRÈS MATÉRIEL. | Ù | k Les méchants sont toujours à nous dire | que l'Eglise veut tenir les peuples dans (1

1* pauvreté, qu’elle est opposée à l’industrie, au commerce et à tout ce qui peut rendre un peuple riche.

Voyons ce qui en est.

L'Eglise nous répète souvent ces paroles de son divin fondateur: ‘“ Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice.

et le reste vous sera donné par surcroit.”

mt mc eee

Dieu veut donc qu'on s'efforce en premier lieu de gagner le ciel; le reste viendra ‘par-dessus le marché.”

Il y a un proverbe canadien qui trouve sa place ici: contentement passe richesse.

L'Eglise n’est pas opposée à l’industrie, au commerce, à la richesse, mais elle ne veut pas que les richesse s’acquièrent aux dépens du bonheur éternel de ses enfants. Si notre mère, la sainte Eglise de Dieu nous met en garde contre la tentation des richesses, c’est qu'elle craint que celle-ci nous fasse oublier notre Dieu.

Rappelons-nous que celui qui a dit : bienheureux les pauvres, a dit: malheur aux riches.

Il y en a, même parmi les catholiques, qui sont sous la fausse impression que l'argent est la source du bonheur. Rien n’est plus faux. Il est vrai que l'argent par lui-même, n'exclut pas le bonheur, mais il le gâte bien souvent.

L'homme a été créé pour travailler

VON CPR

D ne Ne Aie | er comme l'oiseau pour voler. Adam, notre | 1 ra premier père à tous, a été placé sur cette h. terre pour travailler, dit l'Ecriture Sainte. re Avant le péché, le travail n'était pas fati- L. se. guant, mais l’homme devait travailler. ; je, Celui qui veut chercher le bonheur en h Ie dehors du travail, ne trouvera qu’ennui, ï nt dégoût, découragement. Î n- Vous vous rappelez le mot de ce bon ‘( de habitant que je vous citais dans ma pre- 4 a- mière ‘ Mine :”’ monsieur le curé, ‘le tra- À ne vail le plus fatiguant est de ne rien faire: . À UL. ce travail-là tue un homme en deux ans.” fi n- \ Ceux qui se suicident, c'est-à-dire qui se { 1x | * donnent la mort à eux-mêmes, sont-ils À ceux qui travaiilent ou ceux qui ne font L:

2, rien ? fi ne Pour vous reposer un peu, permettez- 4 nn | moi de vous raconter le trait suivant: | nt ; J'étais au Labrador, au milieu de mes | Tr, | chers sauvages, campé sur les bords de la L mer. pl

er Un jour, un gros bâtiment à vapeur (

H 4 4 LA ie 4] Le fi re :

vint jeter l’ancre dans le port voisin. Ce navire appartenait à un milionaire dont le revenu était,dit-on,de mille piastres par jour. Avoir mille piastres à dépenser par jour, dira quelqu'un, comme cet homme devait être heureux!

C'est justement ce que nous allons voir.

Ses serviteurs, dont le nombre était l6gion, prirent huit jours pour transporter ses effets au bas d'une chute à trois milles de la mer. Cet homme avait à sa disposition treize tentes dont quatre étaient immenses. Il avait un beau salon ou s'étalait un magnifique piauo. Un célèbre musicien l’accompagnait pour charmer.… son ennui. Une meute de chiens au collier d’or, avec ses initiales et ses armes sur le poitrail, était à son service.

Il avait pour cuisinier celui dont les plats succulents avaient régalé pendant cinq ans le palaïs de l'Empereur Napoléon III. La cale de son bâtiment était remplie des liqueurs les plus précieuses et de

caisses de vieux vins de ‘“ la fameuse comète ” qui était venue saluer Napoléon I sur son lit de mort.

Le pont du navire, contenait de nombreuses et grasses espèces de tous les quadrupèdes et bipèdes que l’Angleterre et ses colonies offrent aux gourmets de Londres. Ajoutez à cela des milliers de saumons qui attendaient au pied de la chute l’appât trompeur ; des serviteurs dont les uns tenaient au-dessus de sa tête de grands parasols qu’ils humectaient de temps à autre d'eau froide, et les autres, éventail en mains, dans l'attitude la plus solennelle, défendaient aux mouches de toucher à Lord Mighty Dollar.

Quel homme heureux se disent peutêtre quelques-uns de mes lecteurs !

Quel homme malheureux se disent ceux qui l’ont vu!

Cet homme ne travaillant jamais du commencement de l'année à la fin,ne pouvait être heureux.

Jugez:

Il prenait sa ligne et se mettait à pêcher.

Une heure plus tard, après n’avoir cessé de jurer contre les canotiers, il était dégouté. Il demandait son fusil, marchait une vingtaine d’arpents sur la rive nord de la rivière; puis, tout-à coup, dans un moment de colère, lançait son fusil au loin dans le sable, en’ maudissant les canards qui passaient sur la rive sud.

lors, il se faisait apporter un livre qu'il parcourait pendant quelques minutes, le jetait par terre, puis de ses yeux presque fermés, cherchait à découvrir de nouvelles étoiles en plein midi. Irrité de ce que l'étoile qui avait protégé sa naiïssance ne daignait pas se montrer à ses reœards, il rentrait dans sa tente et jurait contre son cuisinier en attendant son diner.

Son cuisinier, avait—par mégarde sans doute—répardu une fiole de moutarde et une assiettée de sel dans le pudding qu'il

…—— ee ne ee ee

avait pourtant arrosé d'une bouteille d’eau de vie.

Mighty Dollar devint furieux. Il engagea un homme qui, cahier et crayon en mains devait écrire tout ceque cet indomptable cuisinier faisait d chaque minute de la journée.

Hélas ! le lendemain, le beau saumon de trente livres qui sétalait sur la table, dans un riche plat de porcelaine, était gâté. Le roi des poissons ou le poisson des rois suintait le sel par tous les pores.

Lord Dollar épuisa cette fois son vocabulaire de mots pour le moins aussi salés que son saumon.

Il ne se tint pas pour battu.

Le lendemain, le soleil étonné, éclaira un spectacle unique dans les annales du monde. L’Honorable Mighty Dollar était assis dans un grand fauteuil, un homme tenait au-dessus de sa tête un parasol dont les proportions faisaient penser aux temps antédiluviens. Un autre serviteur de sa

suite rendait le même service, —avec cette différence que le parasol était moins grand ——au nouvel employé qui était à écrire la vie de l'illustre cuisinier. Sa Majesté Dollar surveillait l'employé ; celui-ci surveillait le cuisinier qui, lui, ne surveillait pas sa soupe. Ce jour-là—il est du reste inutile de le dire—ni le millionnaire, ni ses chiens ne purent manger le diner préparé avec tant de surveillance.

Mighty Dollar s'arracha de désespoir la dernière mèche de cheveux dont s’honorait son crâne échauflé, relégua son cuisinier sur une île, (1) jeta ses malédictions à la terre du Labrador, à tous les sauvages et à tous les hommes blancs jaunes ou noirs du monde entier, et partit pour le Mexique. Ne trouvant pas là le bonheur. il gravit les Montagnes Rocheuses; là, plus malheureux que jamais, abandon né depuis longtemps par son nouveau

(1) Il parvint à s’échapper ; aux dernières nouvelle , il était à Yokohama, Japon.

ee

cuisinier et par la plupart de ses serviteurs, dans un moment d'ennui et de suprême dégoût de la vie, il mit fin à ses jours, se trouvant trop malheureux pour vivre... et pourtant, il avait mille piastres à dépenser par jour !!

Mes chers lecteurs, ‘“‘contentement passe richesse,” et ce n'est pas dansdla paresse qu'on trouve le bonheur mais dans le travail que Jésus a sanctifié.

Comme je m'adresse à des compatriotes qui gagnent leur vie par le travail de leurs mains, je ne dois pas oublier de dire ce que l'Eglise a fait pour ennoblir “l'homme de peine.’ Lorsque Notre- Seigneur est venu sur la terre, le travail des mains était considéré comme dégradant. C’est Cicéron, le plus grand avocat de Rome, qui nous le dit: “Tous ceux qui vivent d'un travail manuel, font un métier dégradant.” Le plus grand philosophe de la Grèce les appelait ‘ des esclaves.” Ils étaient considérés à peu près

AZ | Yo SC" : &, \G " NY Ÿ Se NY Le K \@ 6° a 5 &Ù À © 1 2E 35312 ik 25 43 Ë À | <] S O SÉEÈPFÉE = D YU = = <|-J4 ÉE un SR — D 25 à RË Ci:

EN à A © Nu NAÈ "A À > A LA ON N Z | À, Ro A N 4 pes (®) À | À

comme nos forçats du pénitencier de Saint- Vincent de Paul.

Jésus apparaît dans le monde sous les

vêtements d'un pauvre ouvrier ; pendant trente ans il travaille pour les opulents des villes, gagne son pain à la sueur de son front: il voulait montrer au genre humain l'estime qu'il faisait du travail pour lequel l’homme a été créé. Il appe- Jait à lui tous ceux qui étaient accablés sous le poids du travail: ‘“ Venez à moi, vous tous qui souffrez et êtes accablés, et je vous soulagerai.” Il est à remarquer que, dans ce temps-là, chez les Latins, le mot labor signifiait : travail et souffrance; ces deux mots n’exprimaient qu’une seule idée: on craignait le travail à légal de la souffrance.

L'Eglise, fidèle à sa mission, raarcha sur.

les traces de son Divin Fondateur. Elle apprit aux millions de pauvres qui venaient demander protection à l'ombre de son drapeau, que le travail était un titre

de noblesse pour les enfants de Dieu, que la médaille d'honneur et la couronne de gloire que Dieu devait présenter à l'heure du jugement, en présence du monde entier, étaient réservées au plus grand travailleur coopérant à la grâce divine.

L'eisiz -ewsent de l'Eglise fut écouté :

ses enfants se mirent à l’œuvre et se firent une gloire de se livrer aux travaux les plus durs: ceux du défrichement. ‘“ Les Bénédictins ont défriché l’Europe, ” dit l'historien protestant Guizot. Un autre, dont le nom m'’échappe, appelle les monastères, de véritables républiques d’agriculture, d'industrie et d'économie. Montalembert nous dit que près do la moitié des villes et des villages de France ont eu un couvent de religieux pour première maison.

Au moyen âge, l'Eglise forma des corporations ouvrières, c'est-à-dire la réunion de tous les artisans, d'une même ville,

ayant une chapelle spéciale et un patron

RS ME Hé mp a <a a PAM EREENT Ni AAA RUE

nn AA nt CA A ét

dont on célébrait la fête en grande pompe.

L'Eglise, en déroulant aux yeux du monde, sa liste de saints travailleurs dont elle dépose les ossements sur ses autels, les proposant comme modèle à ses enfants, inutile de le répéter, —a fait plus pour le progrès matériel des peuples que tous les rêveurs et les utopistes du monde.

Ce n'est pas dégradant de travailler de ses mains quand on sait que l’'Homme- Dieu l’a fait.

Aujourd’hui, chez presque tous les peuples, il y a “la fête du travail,” jour où tout travail cesse. Mes amis, c’est une fête qui date de loin que la véritable fête du travail. Dieu travailla six jours et le septième il se reposa. Au milieu des éclairs et des tonnerres, il dit à Moïse:

“Tu observeras le jour du Sabbat.”

L'Eglise catholique s'adressant depuis dix-huit cents ans aux riches et aux puissants de ce monde, leur dit la veille de chaque dimanche : au nom de Dieu, je

ts,

vous défends de faire travailler demain ceux de vos serviteurs qui sont employés aux travaux manuels; c’est ‘‘ fête ” pour eux demain ; et cette fête du travail se ré-

pète chaque semaine depuis dix-huit cents ans.

Le Parlement d'Ottawa vient d’être forcé, par les sociétés ouvrières, d’accorder aux travaillants un jour de repos par année. Nous espérons que nos artisans commenceront cette journée-là par remercier Dieu pour les bieafaits qu’il a daigné leur accorder dans l’année en assistant à la messe, et qu'ils n'éconteront pas les impies dont les principes sociaux sont opposés à ceux du pape.

Nous allons terminer ce long chapitre en disant à ceux qui veulent faire croire aux peuples que l'Eglise est opposée aux inventions modernes, qu'elle a, dans son rituel, des bénédictions spéciales pour les différentes industries, pour les voies ferrées, etc., etc.

Page 1