‹ Autour du drapeauChapitre 29 sur 41 · RE RS TT · texte numérisé non relu

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la plus claire dans le sens favorable à ses intérêts. Donnez-moi cinq lignes d'un homme, disait Richelieu, et je le ferai pendre.

Toujours est-il que, pour le commun des mortels, l'Acte du Manitoba, pour ce qui concerne la langue française, est bien clair.

Cependant, qu’a fait le gouvernement du Manitoba ?

Monseigneur Taché nous l’'apprend :

“Le gouvernement local de Manitoba, “ malgré un statut fédéral si clairement ‘ exprimé, et au mépris de la sanction « donnée à ce statut fédéral par le gou- “ vernement Impérial : oui, le gouverne-

4 ment de Manitoba a proposé et la majo- “ rité qui l'appuie a voté ce qui suit :

& Nonobstant tout statut ou loi contraire, la langue anglaise sera seule en usage dans la rédaction des archives et des jour:

naux pour l'assemblée législative de la province de Manitoba, et dans toute plai-

124 L'ÉGLISE ne

doirie ou pièce de procédure émanant de toute Cour de la province de Manitoba 1

les actes de la Législature de Manitoba ne devront être imprimés et publiés que dans la langue anglaise.” Monseigneur ajoute :

“Le lieutenant Gouverneur sanctionna | ce projet de loi, quelqu'inconstitution- “ nel et injuste qu'il fut, et il est entré au “ livre de nos statuts sous la désignation ® 58 Victoria, Chapitre 14. |

“La chose fut référée à Ottawa. On = “sy plaignit d'un acte si injurieux à la “ dignité britannique, si subversif dela ‘“ législation fédérale et si préjudiciable “ aux intérêts de’ la population canadien- ‘‘ ne-francçaise. |

“Je le demande, qui a élevé la voix “ dans le parlement fédéral, qui a agi de ‘ façon à ce qu'un acte si inconstitution- “ nel soit rayé des statuts de la province “ de Manitoba? Que les membres du “ Sénat et des Communes qui vont bien-

‘tot se réunir à Ottawa me permettent ‘‘ de leur dire avec respect, mais en toute franchise, que nous avions droit de compter sur leur protection et que nous la leur demandons instamment.”

Mes chers lecteurs, vous avez bien compris le langage si délicat et en même temps si clair de Monseigneur Taché: la source du mal est double.

D'un côté, la haine pour tout ce qui est français et catholique. Que fait à ces g'ens- 1à l'acte du Manitoba? Que leur importe la foi jurée ? Que leur vaut la clarté des termes d’un contrat ? La clause de l'acte qui concerne la langue française est bien claire ; celle qui regarde les écoles nous paraît aussi claire, mais qu’elle le soit ou non, là n'est pas la “ véritable source ” du mal: nos ennemis, par haine du catholicisme, étaient décidés à sauter à pieds joints par-dessus tous les “ Actes ” et promesses du monde. Voilà une des sources du mal.

L'autre source du mal, bien plus dangereuse et bien plus humiliante pour nous, est l’apathie, l’insouciance d’un grand nombre de nos compatriotes pour tout ce qui regarde les droits si précieux de nôtre religion et de notre langue.

Rien de surprenant dans le fait que les:

loges maçonniques n'aiment pas les catholiques et les canadiens-français {ant qu'ils seront catholiques. Mais ce qui étonne, c’est. de voir que l'abolition de la langue française, par le parlement du Manitoba qui était obligatoire en certains cas, facultative toujours—n'ait pas produit la moindre émotion parmi ceux qui se targuent.

de patriotisme. Plusieurs s'unissent à Mgr Taché pour dire : {à est la source du mal.

S1 le parlement de Québec passait un

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