‹ Autour du drapeauChapitre 30 sur 41 · acte pour interdire l'usage de la lanoue · texte numérisé non relu

acte pour interdire l'usage de la lanoue

anglaise au parlement de Québec, au Palais de justice, trouveriez-vous mauvais que les anglais, comme un seul homme—

c'est ce qui arriverait—se levassent pour 1evendiquer leur droit garanti par la constitution ? Croyez-vous, la main sur la conscience, que cette loi ne serait pas désavouée par le gouvernement Fédéral, vingt-quatre heures après sa sanction, et cela, avant même que celui-ci reçût une plainte officielle ?

Mais, pour interpréter la pensée de Mer Taché, qu'ont-ils à craindre de nous ?

Monseigneur pensait, au moins, que les derniers mots de la phrase citée, quand il dit, en parlant des membres du Sénat et des Communes :..... ‘que nous avions droit de compter sur leur protection et que nous la leur demandons instamment,” trouveraient un école dans les cœurs de ses compatriotes —Hélas ! Le Sénat et les Communes se sont assemblés depuis...

Mgr Taché croyait que “une page de l'histoire des écoles de Manitoba ” réveillerait notre monde politique. Son auteur avait si bien prouvé que les écoles du

128 * L'EGLISE Manitoba étaient protestantes ; de plus, il avait si bien établi que nos ennemis les regardaient comme telles, il avait si bien montré la main de la franc-maçonnerie qui tenait tous les fils conducteurs de la persécution que son noble cœur attendait de tous les partis politiques de sa province natale de réelles et vives sympathies.

Il avait attiré l'attention de ses lecteurs sur ‘An Epoch in masonry and Education. Une époque pour la franc-maconnerie et l'éducation.” Car, mes chers amis, les catholiques venaient de recevoir la foudroyante décision du Conseil Privé, lorsque nos ennemis ont cru bon de faire une grande cérémonie pour la pose de la pierre angulaire d'une nouvelle école.

Pour enfoncer le dard de l’humiliation le plus avant possible dans le cœur des catholiques, ‘‘ la pierre a été placée avec les ‘“ imposantes cérémonies maçonniques qui ‘ ont été conduites par le Grand Maître “D. J.Goggin. Outre les membres de la

‘loge Lebanom, un grand nomdre de ‘“ frères étaient venus d Oak Lake, d’Elk- ‘horn et de Moosomin...……. Le Grand ‘“ Maître était assisté par le Grand Senior “ Warden Levan et le Révérend W. L.

Watts.

De plus, mes chers amis, sachez qu'il ‘y eut discours maçonnique” et ‘“ banquet maçonnique ” le soir.

Sachez aussi que ce Groggin est ‘“ membre de l’Advisory Board, qui seul a le droit d'indiquer ou de composer les prières et.

autres exercices religieux en usage dans les écoles publiques.”

Ecoutez les réflexions de Mgr Taché :

“Que l’'Honorable Ministre de l’'Educa- ‘“ tion assiste à la pose de la pierre angu- ‘‘ Jaire d'une maison d'école dans son dis- ‘ trict, rien de plus naturel ; mais que ce ‘’ même ministre d'Etat cède le pas à un ‘* de ses subalternes, à son employé, parce ‘“ que ce dernier est Grand Maître et ‘“ qu'une école va être dédiée maçonni-

“ quement, voilà qui fait toucher du doigt # l'action sectaire.”

“Maintenant, savez-vous où est ce M.

Goggin ?

“ I] a été appelé au Nord-Ouest pour y faconner un système d'éducation conforaux goûts de la secte. Les religieuses catholiques doivent, de par la loi, aller l'entendre pérorer chaque jour pendant plusieurs mois. Les sœurs, recevoir des lecons d'éducation d’un Grand Maître de la franc-maçonnerie !!1”

“ Cependant, au Nord-Ouest, la francmaçonnerie se propose d’être plus rusée qu'au Manitoba, où elle a failli manquer son coup. Ecoutez ce qu’on proclame au Nord-Ouest.” -—- Remarquez bien: c'est Mgr Taché qui nous le dit, citant les paroles de nos ennemis.

‘On sera plus habile qu'à Manitoba; “ dans cette dernière province on a fait “ trop de bruit ; on a procédé trop ouver- “tement. Dans le Nord-Ouest, on sera

are

‘ plus rusé, on gardera mieux les formes ‘et on arrivera au même résultat, plus ‘“ facilement et aussi directement.”

Ils y ont été aussi avec plus d’astuce; ils ont laissé aux catholiques leurs écoles, mais ils sen sont approprié la direction de laquelle ils ont exclu toute influence catholique. |

Lorsque les catholiques lésés viennent demander le désaveu de ces iniques ordonuances, on répond: On a du temps; car, il ne s’agit pas du désaveu d’une loi pour laquelle on n’a que douze mois à se voir, mais d'une ordonnance que l'on peut désavouer quand on le voudra, dans dix ans si l’on veut. |

Ce qui veut dire: les catholiques sont patients, eux, ils peuvent attendre pen- dant que nous allons user d'expédients politiques. La lettre de Nos Seigneurs les Evêques, au nombre de trente-un, demande un remède aux maux dont souffrent nos coreligionnaires du Manitoba et

du Nord-Ouest.

qe

Les Evêques demandent de désavouer l’Acte du Parlement du Manitoba de 1894, plus injuste encore, je crois, que celui de 1890. Voici ce qu en disent nos Evêques :

La conséquence de cetté nouvelle loi est que, une municipalite même toute cathnolique et dans laquelle il n’y aurait pas même un seul protestant, n’a pas le pouvoir de collecter un seul dollar pour les écoles catholiques, taudis qu’une municipalité catholique, dans laquelle il y aurait, disons, dix enfants protestants, est obligée, par la Loi, de meitre les catholiques à contribution aussi bien et de la même manière que les protestants, pour fournir l'argent nécessaire au soutien de l’école fréquentée par ces dits enfants protestants.

‘ Cette même loi de 1894 va plus loin ; elle décrète la confiscation de toutes les propriétés scolaires, de tous les arrondissements qui ne soumettront pas leurs écoles à la nouvelle loi, et on lit à la section 2:

— — ee

“ Dans tous les cas où l’organisation d'un district scolaire manque de se continuer, le Conseil de ia municipalité dans laquelle se trouve ce district, aura tout pouvoir et autorité, et il sera du devoir du dit Conseil de prendre la charge de tous les biens meubles et immeubles du district scolaire et de les administrer au profit des créanciers du dit district scolaire, s’il y en a.”

En second lieu, nos Evêques, pour le soulagement de nos frères du Manitoba, demandent à rémédier à la loi inique de 1390. |

“ De donner telles directions et prendre telles mesures que Son Excellence le Gouverneur Général en Conseil croira les plus propres à apporter soulagement aux maux dont souffrent les catholiques romains de la province du Manitoba, par suite des lois scolaires passées dans la province, en 1890.”

Nos Evèques viennent au secours de

nos frères du Nord-Ouest et demandent:

“De communiquer avec le Lieutenant- Gouverneur desterritoires du Nord-Ouest, afin que les ordonnances soient modifiées de façon à corriger les griefs dont se plaignent les catholiques du Nord-Ouest, et À qui sont le résultat de l'ordonnance No £2 sanctionnée à Régina le 81 décembre 1592; et vos pétitionnaires, comme c'est * leur devoir, ne cesseront de prier.” ‘4

Suivent les signatures de trenteetun évêques, y compris un cardinal et tous les archevêques du Canada.

Je ne vous cacherai pas, mes chers habitants, que ce qui m'étonne est de voir que nos évêques aient été obligés de de-

mander au Gouvernement un remède

pour soulager les maux de ceux que les membres de ce gouvernement s'étaient engagés de protéger sous la foi d'un serment.

La politique‘a pour but de rendre un É peuple heureux et prospère; ici,en Cana-

RE CRE en CS 30 SE SO CRE I NE Se RE

da, la politique aurait-elle pour but de rendre heureux et prospère d'autres que le peuple ?

Mgr Taché, je ne crains pas de le dire, dans la belle naïveté de sa grande âme.

croyait qu’il se ferait une grande agitation pour ce qu'il appelait nofre cause religieuse, agitation aussi forte que celle qui avait eu lieu lors du renvoi du cabinet Boucherville par le Lieutenant-Gouverneur Letellier de St-Just ou du renvoi

| du cabinet Mercier par le Lieutenant-

Gouverneur Angers.

Les lettres qu'il arrose de ses larmes, — ce n’est pas une figure de rhétorique que j'emploie ici-—nous font voir qu'avant de mourir, il avait acquis la conviction que les intérêts politiques faisaient oublier chez quelques-uns les intérêts religieux et nationaux. |

Dans cet incident des écoles du Manitoba et du Nord-Ouest, il n'y a que l'élément vraiment religieux qui soit allé

F TS PR RTE Sn a ri 136 L'EGLISE pe eo

droit au but ; si nous n'avions pas eu nos Evêques, plus les rédacteurs de quelques journaux, la question des écoles eût été enterrée à tout jamais comme celle de la langue française—question nationale par excellence disent ceux... qui la laissent disparaître sans prononcer un mot.

Nos Evêques ont protesté non-seulement maintenant, mais dès 1891 ‘ pendant qu’il était,” dit M. Tardivel, ‘“ constitutionnellement possible pour le gouvernement Fédéral de désavouer la législation inique de 1892. Tant pis pour ceux que cela concerne s'ils n'ont pas écouté la voix autorisée de nos Evêques demandant un remède quelconque au mal dont souffrait la minorité manitobaine. Üe sont eux, non les évêques, qui sont obligés de faire respecter la constitution ” Ils sont payés par le peuple pour cela.

Ici, faisons une réflexion.

Nos Seigneurs les Evêques demandent un remède aux maux dont souffrent nos

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