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tites filles de ces barbares une instruction solide.
Sous la direction de l'Eglise, le progrès intellectuel sera tel, que ces nations de barbares réformés deviendront les nations policées de l’Europe. :
C'est cette transformation qui a AaïTAché à Voltaire lui-même ce cri d'admiration : L'Europe doit au Saint-Siège sa civilisation.
Oui: c'est à l'Eglise catholique que l'Europe et ses colonies doivent leur sue rlorité intellectuelle. :
Les libres-penseurs traitent l'Eglise d’arriérée oubliant que leur chef, Voltaire, voulait fairé un reproche à l'Eglise d’instruire les pauvres, quand il disait :
‘“ Le laboureur ne mérite pas d'être instruit ; c'est bien assez pour lui de manier le hoyau, le rabot ou la lime’. Que nos Voltairiens en herbe relisent leur histoire; ils verront que leurs pères de 1792 commencèrent l'ère du progrès par abolir
toutes les écoles primaires existant alors, ainsi que 562 collèses et 23 universités ; ils firent une exception pour celle de Strasbourg qui était protestante.
En 1801, un ministre du gouvernement disait: L'éducation publique est presque nulle partout ; la génération qui touche à sa viagliéme année est irrévocablement sacrifiée à l'ignorance; les écoles primaires n'existent presque nulle part.”
Quant à l'Eglise du Canada, je n’ai pas besoin de dire ce qu’elle à fait pour notre pays, je l'ai dit dans ma Troisième Nine. Enlevez l'action du clergé dans Île mouvement intellectuel du pays, et que vous restera-t-1l ?
Aujourd'hui, nos révolutionnaires font du zèle pour l'instruction du peuple, pourvu qu'ils l’instruisent à leur manière ; remarquez bien ces derniers mots: à leur manière. Pourvu qu'on ne parle pas de religion dans les écoles, que Dieu et ses droits soient ignorés, ils sont prêts à faire
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de grandes dépenses, à voler même l’argent des pères de famille catholiques pour donner à leurs enfants une instruction athée. On connait leur but: soustraire le peuple à l'influence du prêtre pour en faire le marche-pied du trône de leur égoisme et de leurs convoitises, voilà leur but, but digne de ces viveurs qui ne connaissent d'autre Dieu que leur ventre, comme dit Saint Paul. :
L'Eglise veut l'instruction du peuple, mais à la manière dont Dieu la veut, et non à la manière du diable.
Dans un de mes voyages, un passager, ayant fini de lire un livre qu'il avait apporté avec lui, voulut me l’offrir.
—Merci, Monsieur, lui dit-je, ce livre est condamné par l'Eglise.
— Mais c’est le chef-d'œuvre d’Alexandre Dumas. L'Eglise est-elle réfractaire à ce point qu'elle voudrait arrêter l'essor de l'intelligence ?
—Non, Monsieur, elle veut seulement
arrêter l'essor des passions mauvaises.
—Mais, mon père, on ne prend pas la doctrine de cet homme ; on ne fait qu'admirer sa belle littérature.
— Monsieur, n'étiez-vous pas bon catholique autre fois ? Je veux dire: n’alliezvous pas à confesse, ne croyiez-vous pas tout ce que l'Eglise enseignait ? Et maintenant vous n'êtes plus catholique que de nom. |
—TJe suis encore catholique, mon père, mais les affaires, les exigences sociales, ces mille et un tracas de la vie m'ont rendu un peu négligent, et ensuite vous avouerez qu’à quarante ans, on raisonne un peu plus sa foi.
—Et ce raisonnement vous porte à ne plus pratiquer votre religion, à donner le mauvais exemple, à vous exposer à perdre votre âme et celle de vos enfants.
Vous me premettrez de vous dire que ce n’est pas votre foi que vous raisonnez, mais cest votre raison que vous croyez ;
vous avez changé les rôles. Cela, Monsieur, est le produit de vos mauvaises lectures. Ecoutez le trait suivant qui s’est passé dernièrement dans une de nos villes.
Une jeune fille avait été élevée pieusement par ses parents. Ceux-ci eurent le malheur de ne pas la faire travailler assez à la maison. Elle samusait à lire des romans à dix cents et à cinq cents, en disant à sa mère qu'elle ne voyait pas de mal dans ces livres d'amour. Un jour, un médecin est appelé auprès d’elle en toute hâte. Il la trouva revêtue d’une belle robe de noces.
—Qu'y a-til donc, mademoiselle ?
— Docteur, je viens de m'empoisonner.
—Une heure, plus tard, elle était morte .—$Sur une petite table il y avait le portrait d'un jeune homme au bas duquel on lisait ces mots fraîchement écrits: Je ne t'ai pas trahi, moi ; je meurs sans en avoir aimé d'autres.
Sous la taie de son oreiller, il y avait un livre ouvert. C'était un roman. L'auteur racontait l'empoisonnement de son héroine déçue dans ses affections. Il l'avait habillée d'une robe de noces. L'auteur la proposait à l'admiration de ses jeunes lectrices. La malheureuse dont je parle a cru devenir sublime en l’imitant, et s’est donnée la mort.
Eh bien; chers lecteurs, c’est parce que l'Eglise défend la lecture de tels livres qu'on répète partout qu'elle s oppose aux progrès de l'intelligence.
Beaucoup d'auteurs ont écrit des livres abominables qui peuvent faire perdre la foi à ceux qui les lisent.
Ces livres faussent et rabaissent tellement l'intelligence des lecteurs que ceuxci viennent à croire que le suicide est un.
acte de courage, la vengeance, une vertu, et l'adultère, une fine ruse de guerre.
Les écrivains de cet acabit nous disent qu'il n'y a pas de Dieu, ou s'il y en a un,
il ne s’occu pe pas de nous autres. Îls sont tous d’une ignorance si grossière que pas
,. un d'eux ne sait d’où il vient et où 1l va.
En fait de connaissances vraies, ils sont plus ignorants que vos enfants de sept ans, mes chers lecteurs. Et l’on s'étonne que l'Église nous interdise la lecture de leurs livres!
Disons en terminant, mes chers amis, que le progrès intellectuel consiste à connaître Dieu chaque jour de plus en plus; voilà le vrai progrès vers lequel l’intellisence doit tendre. Hors de là, il ny à que décadence et ruine. Dieu est la source de toute intelligence ; allons donc le trouver si nous voulons en avoir et rappelonsnous que c’est seulement au ciel que le progrès intellectuel atteindra sa perfection.
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