RARE
« que la touchera sera souillé jusqu'au soir, et le lieu « où elle aura dormi et celui où elle se sera assise dans « les jours de sa séquestration seront souillést. »
Voilà ce que n'ignorait nullement l’'Esclave, femme de Fianquet, et la prescription qu'elle n'aurait point dû enfreindre sous prétexte que son mari, bien qu'élevé en pur sauvage, était un Métis chrétien vivant avec des prètres. Sur ce chapitre nos Métis eux-mêmes n'entendent pas plus le badinage que les Indiens de race pure.
Nous respectons parfaitement ces saines pratiques qui ont leur raison d’être dans la Bible et dans la nature; mais nous ne commandons point aux Indiens chrétiens d’en outrer les procédés.
M. Louis Jacolliot, qui a trouvé des pratiques identiques dans l’Indoustan, — où elles ressemblent à celles que M. le consul Humbert découvrit au Japon” — a fait trop bon marché de l'histoire sainte, en faisant dériver le code mosaïque des observances hindoues. Qu’aurait donc dit le savant écrivain, de mes propres assertions ? Aurait-il encore soutenu que le législateur des Hébreux était allé s'inspirer des tribus peaux-rouges de l'Amérique arctique ?
Voilà cependant où doit conduire fatalement l'esprit de système et de dénégation à outrance. Il fait méconnaitre jusqu'à la critique.
La femme dèenè, qui est placée par la nature dans la position que je viens d’esquisser plus haut, prend le nom de Znli ninandjay, celle qui est sortie, ou celui de Tpornttcha nardhæri, celle qui demeure hors du sentier.
Si c'est une fille, qui ait atteint l’âge nubile, on lui
: Lévit. ch. xx. v. 19.
? Tour du monde, 1866.
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donne le nom de Dza-tlini, celle qui est dans le mal, ou de Ttsa-ttini, celle qui porte le capuchon ; parce qu’on lui couvre alors la tête et la poitrine d'un grand capulet basque qui la dérobe aux regards des hommes.
Au reste, quoique ces créatures ne puissent aller visiter personne jusqu'à ce qu’elles aient purgé les jours de leur séparation, il n’est nullement défendu aux hommes d'aller leur tenir compagnie, de les visiter, de leur porter des aliments et de leur bûcher du bois. La loi qui les concerne n'atteint les hommes qu’en leur défendant tout commerce autre que celui de la bienséance et de la charité.
Le 19 mars 1863, le courrier d'Europe étant arrivé, il m'ouvrit un sentier entre l'ile de l’Orignal et [la mission du Rapide. Je repris le chemin de Saint-Joseph pour ne plus revenir à la Providence. Durant mes pérégrinations précédentes, j'avais largement payé le tribut au froid, au mal des raquettes, au bivouac dans la neige et à la souffrance. Il ne m'en coûtait plus désormais de voyager à pied, et le retour du printemps m'avait préparé une voie si unie, qu'on l'aurait dite balayée tout exprès. Plus de neige, sur les glaces du lac des Ksclaves. Sur ses bords, plus de bordillons, plus de dunes ni de chaînes de glaces entrechoquées.
Qu'étaient devenues ces aspérités si nombreuses, ces obstacles si sérieux deux mois auparavant ?
Il s'étaient évaporés. Oui, ni plus ni moins ; évaporés sous l’action combinée du froid de la nuit et de la chaleur du jour. Les neiges, fondues et tassées, avaient fait corps avec la glace ou bien avaient filtré à travers. Les
glacons, tombés, s'étaient incorporés avec le champ de glace, en vertu de ce phénomène qui porte les objets laissés à la surface du sol à s’enfouir d'eux-mêmes et à s’'ensevelir sous terre.
Il ne restait plus qu’une banquise unie, polie, glissante comme un vaste miroir, et qui en avait tous les scintillements, toute la réfraction brülante pour les yeux des voyageurs.
Le 24 mars, j'étais rendu à Saint-Joseph avec Charbonneau, dit le Loucheux, mon unique compagnon de voyage. Aussitôt je pris la charge de cette mission à la place de mon aimable confrère, l’ex-garde forestier en chef, M. Émide Eynard, qui devait partir pour le fort Raë.
Cette nouvelle inattendue troubla un peu le bon missionnaire; mais il se remit promptement :
— « Je me serais facilement contenté de Saint-Joseph, me dit-il avec calme. Voilà déjà quatre ans que j'y suis et c'est ma première mission. Il m'est bien pénible de m'en séparer. Cependant que la volonté de Dieu soit faite! »
Ce fut tout. L'excellent prêtre n’ajouta jamais un mot de plus sur cette affaire. {l partit en me laissant maitre des biens et de tout ce qu'il avait possédé jusque-là. Telle est la vie du missionnaire. Mais combien d'étapes ne devait-il pas faire ensuite, conformément à l'absurde système du bon prélat qui nous administrait alors, de ne jamais laisser un missionnaire à la même place plus de deux ans de suite, de crainte qu'il ne s'attachât à ses paroissiens ! |
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Mission Saint-Joseph et fort Resolution.