CHAPITRE Xy
Chez les Étcha-Ottinà da lac des Saules
Nouveau remède contre l'hémoptysie, — La rivière Khsayia. — Cruautés des Indiens envers le carcajou. — Excellente réception, au lac du Vison., — Demandes de rêves et de gris-gris, — Chiens pêcheurs, Un grand chef dans l'embarras. — Visite de trois loups. — ‘e faillis me NOVer sous la glace, — Repas de chien, — Un Windikouk ou Mangeur d'hommes.
tous les Indiens qui se trouveraient sur mon passage entre le fort Simpson et le Portage la Loche. J'en vaccinai 865. Un de mes confrères, M. Seguin, auquel je pro-
tn Vaccina 860, entre Je fort Bonne-Espérance et les boue
l ches du Mackenzie : total 1,725, La gloire de cette bonne
Œuvre revient à un Marseillais, fervent ami des Peaux- Ronges et mon ami bien regretté, feu M. Marcel Isnard.
même lac. Enfin, en 1879, je quittai l'extrème nord pour me rendre dans la Haute-Saskatchewan, ce qui exigea une nouvelle et dernière traversée du grand lac des Isclaves.
Je passai huit mois à la Providence, de septembre 1878 au mois d'avril 1879. Ces huit mois furent entièrement employés à la mission des Étcha-Oltinè ou Esclaves, mes premières ouailles de 1862.
Pour la première fois depuis que cette mission était établie, j'allai en visiter les sauvages chez eux, dans l'intérieur du pays, tant au nord-est qu'au sud-ouest du Rapide. J'ai toujours été le seul à en agir ainsi.
Ces voyages m'amenèrent, naturellement, à faire de nouvelles découvertes géographiques dont j'enrichis ma carte de 1875. C'est de ces excursions intéressantes que je vais entretenir sommairement mes lecteurs.
Pendant mon séjour en France, en 1874-75, je m'ttais rompu un petit vaisseau capillaire dépendant de la bronche gauche, ce qu: m'avait occasionné de l'aphonie et de fréquents crachements de sang. Plus tard j'avais contracté une bronchite, au même endroit. Enfin, en 1877, cette double infirmité se compliqua d’un coup violent que je reçus sur la clavicule gauche qui en fut presque brisée, ce qui détermina un abeès intérieur.
Le seul traitemert que je suivis contre une hémoptysie chronique qui en résulta et des douleurs à la bronche gauche, fut la marche forcée en plein air, par les grands froids de l'hiver.
En octobre 1818, je fus repris de crachements de sang abondants avec. perte de voix et faiblesse. Aussitôt je cessai toute étude assidue, j’attelai mes chiens, je chaussai mes raquettes et je partis pour la rivière Akoayioa ou des Saules, premier affluent oriental du Mackenzie.
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Pendant la première journée de course, les crachements continuèrent. Dès la seconde, ils diminuèrent sensiblement. A la troisième, il n’y paraissait plus, et ma santé était plus vigoureuse que jamais, ma voix forte et sonore, mon appétit lupulin. Effet du grand air et du froid.
Avis aux phtisiques.
A défaut d’Indien, je m'étais fait accompagner par un jeune confrère nouvellement arrivé et qui ignorait encore les langues indiennes, M.Ladet.Nous campämessurle beau lac Kkoay-a-toa-tché, la Queue de l’eau parmiles petits saules!, reste d’un ancien chenal du Mackenzie obturé depuis de longues années et transformé partiellement en prairie. Le lendemain, nous arpentions la rivière des Saules, Kkpayioa, que nous remontâmes l'espace de deux journées de course avec les chiens.
C’est un beau et large cours d’eau que la rivière des Saules. Il est bordé de rives hautes et hien boisées, et ses eaux recèlent en quantité le poisson-bleu ou petite morue de Back. Malheureusement cette rivière est fermée à la navigation par des assises de roche qui la traversent de distance en distance, comme la Marne, en y formant des chutes et des nappes rapides et fort plates.
Aucun explorateur ne l'avait visitée avant moi; aucun auteur n’en a parlé.
Cette disposition de la Akoayipa et la rapidité de son courant l’empêchent de se congeler de bonne heure. Les voyages d'automne y sont donc périlleux. La glace y demeure longtemps à l'état de croûte mince, suspendue sur des abimes, sans adhérer à l’eau. Malheur à celui sous les pieds duquel ce trompe-l'œil, stable en apparence, vient à s'effondrer. Il est précipité dans un soupi-
* Littér. : Saules-petits-eau-queue.