‹ Autour du Grand Lac des Esclaves [microforme]Chapitre 58 sur 70 · AUTOUR DU GRAND LAG · texte numérisé non relu

AUTOUR DU GRAND LAG

Le soir, à la veillée, le même thème revint chez Nadi.

— « Nous sommes volés, trompés, houspillés, traités en esclaves. Ah ! si j'avais été le chef, j'aurais dit ceci à John, je lui aurais dit cela. Je l’aurais vertement con- | gédié. Mais notre chef est une femme, donnons-lui des de jupons. Voilà. » :

Nad contrefit son frère, il contrefit la maritorne qui était la femme de son frère, il les tourna tous deux en ridicule, il mima, pantomima, il singea, il minauda, et finit par des droleries si exhilarantes, que le désespoir de toute la logetée se changea en rires bruyants et homériques.

Les malheureux se consolaient sur leur boucémissaire, le chef.

Ce topique épuisé, comme nous devions repartir le lendemain matin, ils m'adressèrent toutes sortes de questions sur les différents peuples que j'avais évangélisés : Tchippewayans, Couteaux-Jaunes, Flancs-de-Chien, Peaux-de-Lièvre, Loucheux, Esquimaux; sur ceux que j'avais visités : Sioux, Iroquois, Algonquins, Cris, Mas-

kégons ou Savanais, Saulteux. .

Je leur chantai des chants de médecine, de jeu ou de . guerre dans la langue de plusieurs de ces peuples. Je à leur fournis des détails de mœurs qui les intéressèrent jus autant qu’ils le firent en Canada, à Paris, à Autun et à JG Marseille, en 1874-75. pet Ils me retinrent une bonne partie de la nuit insatiables if d'apprendre, affamés de discours et d'instruction. Toute- | fois, l'effet général de mes paroles fut fâcheux. Ils se re- 4 \ tiraient en disant hors de la tente : D ave — « Yédadiyé! H est puissant! Mais ils ajoutaient: M} mè

« Donc il est méchant. S'il restait avec nous, il ne nous

Nadi.

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« ferait que du mal. Puisqu’il n’a point eu peur des Es- « quimaux ni des Sioux, jamais nous ne Jui inspirerons « aucune crainte. Mieux vaut qu'il s’en aille. »

Ce langage méfiant m'attrista. Je m'en plaignis à Vad: avec douceur : « Entends-tu ce qu'ils disent ? Si j'avais « su!... Sij'avais su!... »

— « Il ne faut pas que cela te peine ni t'étonne, me « dit-il. C’est ce que nous disons tous les jours. Un tel « n'a pas peur des ours. Un tel ne redoute pas les loups. ‘e By! Ey!ils sont donc plus méchants et plus rusés

« que l'ourset le loup. C’est là un dicton qui a cours chez

« nous. Cela est glorieux, ne t'en formalise pas. »

Ignorer la crainte est donc, aux yeux de ce petit peuple, un signe non équivoque de méchanceté. Homme féroce, celui qui dompte les lions; parce qu'il est plus féroce que les lions eux-mêmes. Homme de sang, celui qui brave le sauvage sanguinaire ; parce qu'il doit être plus sanguinaire et. plus violent que lui. Est-ce assez sophistique ?

Voilà comment les hommes craintifs, les hommes qui ont peur de leur ombre, colorent en vertu leur propre pusillanimité, af: de transformer en vice ce qui est une qualité.

Allons, allons, ne les blämons pas trop. C'est tout justement le témoignage qui se porte sur tel et tel, dans nos campagnes. Celui qui n'y redoute personne fait peur à tous ; ilest déclaré sorcier. Jadis, on l’aurait brûlé vif, Aujourd’hui on l’évite et on le décrie: « Yédadiyé! »

Nous repartimes seuls, après John, le 19 décembre, avec un traineau bien chargé de victuailles. Le 25 du même mois, nous étions de retour à la Providence, que je devais quitter bientôt aussi et pour toujours!

Notre dernière journée de course à la raquette fut terrible. Nous cheminâmes toute la veille et toute la nuit de Noël, après un gai médianoche dans la forêt, puis encore toute la matinée du jour suivant, sans nous reposer! Vingt-cinq heures sur nos jambes, mesdames. C’est pourquoi je disais alors que, depuis les temps héroïques où Josué arrêta le soleil sur Gabaon et la lune sur Avalon, oncques ne vit le monde journée plus mémorable et valeureuse.

Depuis la rivière Noire nous avions trotté pendant cinquante-quatre heures, par un chemin raccourci, Ékoutta. C'est la fin. D

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De la page 68, ligne 28 :

Louis Abraham Ækhou-nélyel, le Pou de renne détonant, dit aussi Layéllé, le Vieil aveugle, âgé de 65 ans en 1863, excellent homme doué de beaucoup d’honnèêteté et d'affabilité. Il eut de sa femme, Marie Valtti-saë-üzé, les Restes du petit jumeau, six enfants dont voici les noms :

{ 1° Lin Dzen-nalsi, le Rat-dégelé, 35 ans, 5 enfants; DU 2° Thomas £thi-tchoué, la Tète-hérissée, 30 ans, 2 enfants; À 3° Denis Ethi-zenn, la Tête-noire, 28 ans, 1 enfant ; Jules Tthou-’ltel, le Sein-tremblant, 26 ans, 1 enfant ; 5° Dorothée Tsan-tsou, la Diarrhée, 24 ans, 1 enfant; 6° Tobie sdinlpa-àze, le Petit-Gris, 18 ans,

De la page 78, ligne 5 :

Francois-Baptiste Le Camarade de Mandeville, âgé de 65 ans en 2 1863, Métis franco-castor, élevé parmi les Tchippewayans, et marié

en secondes noces à une Esclave, Marie T'sa-shiré-tsa; excellent homme, second interprète du fort Résolution, chasseur et pêcheur. Il avait alors douze enfants, dont voici les noms :

4° Dorothée de Mandeville, Sha-kædh, le Flanc-de-Martre, 45 ans, 8 enfants; |

2 Germain de Mandeville, £néshédase, 40 ans, 3 enfants :

3° Alexis de Mandeville, San-reldhel, l’'Enjoué, Chi-édin, l'Enroué, chef des Tchippewayans, 35 ans, # enfants ;

4° Baptiste de Mandeville, 32 ans, chasseur du fort, fils aîné de Marie, 6 enfants ; |

5° Isaac de Mandeville, L'djiéré-konn, le Bison-maigre, 30 ans, o enfants ;

6° Laurent Jérôme de Mandeville, Ttazin-zène, le Dos-Noir, 28 ans, à enfants.

1° François de Mandeville, 23 ans;

8 Joseph de Mandeville, 18 ans ;

9 Guillaume de Mandeville, 1# ans ;

40° Michel de Mandeville, 12 ans;

41° Angèle de Mandeville, 9 ans et demi;

42 Henri de Mandevillle, 3 ans;

Tous ces enfants de Le Camarade étaient de vrais sauvages dèn, ne comprenant pas un mot de français, à l'exception de Baptiste et de Michel, élevés dans le fort, prenant des noms indiens à la naissance de leur premier-né et affublés du pagne et des jambières de cuir comme de vrais sylvicoles. Et voilà comment l’on devient sauvage. Pas n’est besoin de périodes séculaires pour cela. A la deuxième génération la mutation est opérée. Il ne reste plus que des Sauts-en-arrière. Quelle pitié!

De la page 81, ligne 32 Ékhé-tchôe, les nids. dont les Anglais écrivirent le nom

Akaïtcho, appelé aussi Ouskkèdhè, le Vieux- Croche, grand chef des Danites Couteaux-Jaunes, en 1820-1835, était mort, en 1863; mais je vis, sur l’île de l’Orignal, sa veuve, Lisette Sha-tiséghé, la Martre-basse, alors âgée d'environ 60 ans, ainsi que quatre enfants qui lui restaient :

1° Elzéar Tsinnay-lchôe, le Grand-Orphelin, 40 ans et sans enfants. C'était le meilleur des Couteaux-Jaunes. Ilétait animé d'une grande honnêteté, d’une foi et d'une délicatesse de sentiments admirables. Sa pauvreté et ses malheurs le rendaient humble et modeste. C'était un véritable saint, digne rejeton du vieux Ékhé-tchôe dont Franklin et Back dirent tant de bien ;

2 Élodie Éeolal- dzaré, l'Os iliaque et les Jambes, 38 ans, # enfants ;

3° Marianne Ælloussé, la Vessie-de-Poisson, 37 ans, # enfants;

4° Élie Akea- -azè, la Petite-Flèche, 35 ans, 2 enfants. Homme excellent, doux et très paisible, appelé par les Canadiens Capotblanc, affectionné et bon chrétien; mais apathique et peu intelligent.

De la page 102 :

Nomenclature des peuplades danites, de la mer Glaciale à

28 ans,

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Saskatchewan du Sud, classées naturellement par sections obliques et quasi-parallèles, disposées du N.-N.-0, au S.-S.-E,

4° Danë, hommes, vulgù Zngaliks.

Dans l'Alaska, entre la mer de Bering et Kovoukouk :

4° Koyoukouï-Koutlänæ, gens de la rivière Koyoukouk.

Entre Koyoukouk et Noukloukayet :

2° Ounhann-Koutlänæ, gens éloignés.

3° Foukeoni-Koultänæ, gens du fleuve Youkon.

Entre le Youkon et les monts Takaïtskv, rivage gauche:

4° Kkoayou-Koutlänw, gens des Sauleraies ou des Bouleaux. (W.-H. Dail.)

2° DinDyié, hommes, vulgo ZLoucheuxr. Ce sont les Quarellers de Mackenzie, et les Kutchin de Richardson.

Entre Noukloukavetetle confluent des deux branches supérieures du Youkon :

1° Tea-nünæ-Koultchin, gens des Buttes.

Ibidem, rive droite :

2° Tè-lichié-dhidié-Koutlchin, gens du Large, gens qui demeurent loin de l'eau.

Autour du fort Youkon :

3° Kouschä-Koutlchin, gens géants, ou du Youkon ; appelés aussi Na-kotch:6-tschig-Kouttchin, gens du Fleuve aux rives géantes.

Au confluent de la rivière Noire :

4 Teion-Kouttchin, gens de l'Eau, ou Tendjidheytiset-Koutichin, gens du Milieu. |

Le long de la rivière Porc-Epic, en bas :

5° Rhânæ-Kouttchin, gens de Ia Rivière au courant rapide,

Ibidem, en haut :

6° Vänæ-la-Kouttchin, gens des Lacs, où Zjén-ta-Kouttchin, gens des Rats musqués.

Dans les Montagnes-Rocheuses :

1° Tdha-Koultchin, gens des Montagnes, ou Natise-Kouttchin gens des Marmottes, ou X{6-vea-Kouttchin, gens du bord des Prairies, Ou Dakkadhæ, les Louches,

Le long de la rivière Plumée ou Peel:

8° Treë-tliet-Kouttchin, gens du bout de l'Eau.

Le long du Bas-Mackenzie :

9 Na-kotch,ô-ondjig-Koutichin, gens du Fleuve aux rives géantes.

Entre le Mackenzie et le Bas-Anderson :

10° Xwitcha-Kouttchin, gens des Steppes, ou Xodhell-vén-Kout- {chin, gens de la lisière des Terres stériles esquimaudes.

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