Herpetodryas flagelliformis
cheval un terrain plus solide, il pressa l'allure, afin d’avoir assez de temps, avant la nuit, pour chercher un gîte de campement. Les nuits précédentes avaient été si pénibles!
Le serpent-fouet, qui avait rampé jusque-là, s'élança par petits bonds pour se maintenir à à l'allure des voyageurs.
Ceux-ci aperçurent alors leur singulier compagnon; les chevaux commencèrent à prendre peur. L'animal sifflait avec tant de force qu’on l’entendait, malgré le cliquetis des armes et le bruit des harnais. Les chevaux partirent au galop!.…
Alors, étincelantes au soleil, scintillèrent les écailles vertes et dorées du reptile. Il s’e rc-boutait sur sa queue longue et déliée, formant plus de la moitié de son corps, — 4 mètre, — et faisait des bonds désordonnés, s’élançant à la hauteur du poitrail des chevaux...
Ce fut alors une panique indescriptible. Les pauvres bêtes reniflaient et se jetaient de côté, perdant la tête et prenant le mors aux dents. Malgré les efforts de Julien, son cheval, de beaucoup le meilleur et celui que paraissait
affectionner le serpent-fouet, celui qu’il poursuivait de sa tête large et plate, roulant ses gros yeux fascinants, son cheval s’élança au milieu des broussailles, où le reptile ne put le suivre.
Chacun des cavaliers se trouva de même séparé de ses compagnons, et bientôt Julien du Merril fut seul au milieu de la forèt…
Le soleil se couchait sans crépuscule.