SCENE D INTERIEUR 3II
Paulettk. — En un mot, je ne suis pas faite pour vous comprendre; aussi je me décide à réaliser un projet auquel j'ai déjà songé plusieurs fois!
Monsieur d'Alaly, défiant. — Un ppojetî
Paulette. — Je me sépare de vous.
Monsieur d'Alaly. — Vous dites?
Paulette, rageusement. — Je me sé-pa-re. Comprenez-vous ?
Monsieur d'Alaly. — Paulette, tu ne songes pas à ce que tu dis?
Paulette. — Ah ! vous croyez ça? Eh bien, vous allez voir... Vous me surveillez, vous êtes toujours sur mes talons ; vous écoutez ce que je dis; vous me guettez quand i'enire dans un massif avec Montespan...
Monsieur d'Alaly. — Mais dame...
Paulette. — Vous placez des gros meubles devant ma porte, supposant probablement que j'irai chercher des distractions chez mes voisins... C'est ce que j'aurais dû faire ! Vous ne l'auriez pas volé ! Mais il est encore temps!
Monsieur d'Alaly, atterré. — Oh 1 1 1
Paulette. — Ça vous plaque, hein?
Monsieur d'Alaly. — Paulette, je t'en conjure!...
Paulette. — Oh! pas de grands mots! Je ne coupe pas là-dedans, moi, vous savez?
Monsieur d'Alaly. — Mais...
Pauleite, — Je pars pour Paris ; je vais consulter un avocat.
Monsieur d'Alaly. — Ne fais pas une bêtise pareille, au moins?
Paulette. — Non? Eh bien, vous allez voir ça! Ah ! mais, je n'ai pas le caractère de tout le monde, moi 1
Monsieur d'Alaly. — Ahl sacrebleu 1 je le sais bien !
Paulette. — Moquez-vous 1 Je lui dirai encore ça!...
Monsieur d'Alaly. — A qui?
Paulette. — A mon avocat...
Monsieur d'Alaly.— Au fait, c'est vrai, si nous parlions un peu de lui ?
Paulette, froidement. — Je ne demande pas mieux.
Monsieur d'Alaly. — D'abord, si tu vas raconter tes petites affaires à un avocat, il te répondra qu'il est impossible de te séparer de moi. Paulette. — Parce que ?
Monsieur d'Alaly. — Parce qu'il faut, pour obtenir une séparation, exposer des griefs sérieux... Paulette. — J'en exposerai.
Monsieur d'Alaly. — Je serais curieux de les connaîtres.
Paulette. — Je dirai... Je trouverai quand le