‹ Autour du mariageChapitre 30 sur 33 · LE JOUR DE L'AN · texte numérisé non relu

LE JOUR DE L'AN

Un grand salon tendu en vieilles tapisseries représentan! 'l'Education d'Achille. Aux angles, palmiers dans des caisses de marbre blanc; petites et grandes tables, paravents, écrans, piano à queue, couvert d'un champ de violettes; divans, coussins, sièges baroques. Le salon est encombré d'un fouillis de bibelots et de cadeaux; il y en a sur tous les meubles ; porcelaines, fleurs étranges, étoiles, émaux, tableaux, broderies, animaux bizarres, aquarelles, oiseaux, bronzes, éventails, bijoux, bon bons, etc..

PaULETTE, MO.NSIEUR d'AlalV.

Monsieur d'Alaly, entrant derrière Paulette. — Ah! grand Dieu!

Paulette. — Pourquoi ce cri ?

Monsieur d'Alaly. — Ce n'est plus un salon, c'est un bazar I

Paulette. — Vous allez grogner? Déjà!

Monsieur d'Alaly, très gracieux. — Non, ma chérie, non, je ne vais pas grogner du tout...

Y" penses-tu? le i" janvier I... Est-ce que l'on grogne, un jour pareil?...

Paulette. — Il est vrai que quand on se livre à ce passe-temps tout le reste de l'année, on peut se reposer ce jour-là.

Monsieur d'Alaly. — C'est pour moi que tu dis ça?

Paulette. — Damel Voyez?

Monsieur d'Alaly. — Eh bien! ma Paulette, je te demande pardon de l'avoir si souvent ennuyée de mes perpétuelles gronderies... Car je t'ai ennuyée, n'est-ce pas-f"

Paulette, avec conviction. — Oh I oui.

Monsieur d'Alaly. — Je vais, avec cette année '\u\ commence, devenir le meilleur, le plus doux, le plus tolérant des maris... Tu vas voir?... Regardons ensemble tes cadeaux, veux-tu?... et permetsmoi d'éplucher un peu les intentions des gens qui t'ont en.sevelie sous cet amoncellement de bibelots?...

Paulette. — Regardez tant que vous voudrezl...

Monsieur îj'Alaly. — Et lu autorises la critique?

Paulette, indifférente. — Ah! si vous saviez comme je m'en fiche!

Monsieur d'Alaly. — Je ne serai ni grincheux ni malveillant... Mais cela m'amusera tant de me noquer d'eux 3vec toi...

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