‹ Autour du mariageChapitre 31 sur 33 · LE JOUR DE L AN · texte numérisé non relu

LE JOUR DE L AN

Pallette, sérieuse. — Mais je ne me moque de personne, moil

Monsieur d'Alaly. — Non, tu l'en prives I

Paulette. — Et puis, il me semble qu'il n'y a rien là qui mérite cette moquerie?...

Monsieur d'Alaly. — Quand on ne regarde que le bibelot, c'est vrai; mais quand on examine l'intention qui a guidé le donateur...

Paulette. — Ah 1 il y a une intention?

Monsieur d'Alaly, prenant un éventail monté en nacre orientée, à chiffre de perles noires, déployé et encadré dans un très beau cadre ancien:

— La carte du duc de Grenellel Ah çà! il commence à m'embèier ce bonhomme-là !...

Paulette, riant. — Allons? ça s'annonce bien?

Monsieur d'Alaly. — Non! Mais il est odieux, ce vieux mannequin I...

Paulette. — Oh! pourquoi? Il est si aimable, ce pauvre duc!

Monsieur d'Alaly. — Il l'est trop...

Paulette, souriant. — Oh I avec lui, le trop ne oeut jamais aller bien loin ?

Monsieur d'Alaly. — Que m'importe 1 Cet éventail de Leloir vaut vingt mille francs, je le parierais?... Eh bien! je trouve absolument ridicule que Grenelle vous fasse un cadeau de ce prix-là?

Paulette. — Mais c'est comme un cadeau de cinq louis pour un autre! Vous comprenez bien

que vingt mille francs pour lui, c'est lien du tout.

Monsieur d'Alaly. — Pour lui, qui donne, c'est possible; mais pour vous, qui recevez, c'est toujours vingt mille francs. Je vais lui renvoyer son éventail, moi ; ça lui apprendra à avoir du ta:t une autre fois 1

Paulette. — Vous ne ferez pas ça ? Voyons, mon ami... Un vieillard...

Monsieur d'Alaly.— Un vieillard I... Ah bien I... il serait content s'il vous entendaitl... Vous ne vous apercevez do c pas qu'il s'occupe de vous d'une faron absolument choquante ?...

Paulette, surprise. — Il s'occupe de moi ?

Monsieur d'Alaly. — Eh parbleu 1

Paulette. — Mais je pourrais être sa fille...

Monsieur d'Alaly. — Moi aussi !...

Paulette, riant. — V. aiment!

Monsieur d'Alaly. — Eh bien ! qu'est-ce que ça prouve? Rien du tout!... Loth aussi avait d.QS filles !

Paulette. — Oh ! ! 1

Monsieur d'Alaly. — A son âge. il ne pense qu'aux femmes! ! 1

Paulette. — Pauvre bonhomme! Si ça l'amuse, ça n'est pas dangereux pour elles!

Monsieur d'Alaly. — Ah! vous croyez ça?

Paulette, stupéfaite. —Gomment... Est-ce. que vraiment?.,. Allons doncl

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