PAYSANNERIE
Musique de Désiré Diiiau.
A Henri Morenu.
<V>w , f'eit p.»nmi«ij'fm |fAi->l*ni f^« . jjiiicfc» . c^mi >» ii't'iw<Mtf>iAi> |i»vHt i'u
(^ucii< M»! j«i«i,«" y»»n..m« ,,|u t'a|>«. un Itnn.iwt m i|i.'i'i»tbul
. I>.|,aid M>ll J°>. . . . •< kl ..I .<.l(... Cil |,(.| «A (>.. fa'tl'i!
not' cochon est plus malin qu' toi! 115
J'ai r'marquc, Baptiss', mon p'tit gas, C'est pourquoi j' t'en faisions 1' reproche, Que tu n' t'avanc'rais point d'un pas Lorsque ta p'tit' Jeannett' s'approche.
T'es pas comm' le cochon d' cheu nous, 11 sentv'nir sa compagn' d'un' lieue Et, quand ell' lui fait les yeux doux, On voit frétiller sa p'tit' queue.
REFRAIN
Moi, j' crois, en somme, Qu' t'es point un homme Ou qu' c'est tout comme.
Quand t'es près d' moi, T' as point d'émoi :
Vrai ! t'es trop novice,
T'as point assez d' vice Et not' cochon est plus malin qu' toi !
T'es godiche et tu restes coi.
Tu n' dis point seul'ment un' parole, Tu m' courtis's sans savoir pourquoi, T'as donc rien appris à l'école?
Les grogn'mcnls d' not' petit cochon, J' comprenons ben qu' c'est une invite : Crouin! ça veut dir' : « J' suis folichon! » Etcrouin! crouin! « Embrass'- moi ben vite! »
Te croyant d'un grand appétit,
J' te fricass' l'aut' jour un' bell' poule,
En fait d' compliments, tu m'as dit
Qu' t' étions point porté sur ta goule.
Lui, quand j'y donn' ses aliments,
Des ronds d' carott's, c'est ben peu d' chose^
Eh! ben, en guis' de r'merciemcnts,
Il m' lèche avec sa p'tit' langu' rose.
Pas plus tard que l' jour d'aujourd'hui La pauv' bêt' m'a fait un' caresse. Je m' disais : « Ah! Si c'était lui Qui m' témoigne ainsi sa tendresse! »
Il m' frôlait d'un air tout joyeux En criant fort comme un artisse, Alors, tout en fermant les yeux, Malgré moi, je l'app'lais : « Baptisse! »
Musique [de Eug. Lemercier.
A Eugène Dcdé.
•■a< il f'{.^>. t<4M,^*MIM< k..(< }<.«f. ... t< , Un' jtMw' (^'i
.IlOV ^t \C ., it ..{•éX i'U Ul\Ji\H*. »<i-..
îu '•/ »«
Un soir, un jeune explorateur Hcncontra, près de l'Equalcur,
Dans une île déserte,
Un' femm' qui s'app'lait Berthe.
Comme ils étaient seuls tous les deux, L' besoin d'aimer s'empara d'eux;
Mais lui rêvait sans cesse
D'épouser un' négresse.
Dans son désespoir, D' prendre encore un' blanch' pour maîtresse,
Dans son désespoir, Il résolut d' la peindre en noir.
Vite il retira son complet,
— Derrière un arbre, s'il vous plaît.
Eir, d'une main brève, S' vêtit comm' sa mère Eve.
Alors il la badigeonna
Du suc d'un' plante au nom en a.
La p'tit', qu'était pas r'véclie, Fit si peu sa pimbêche, Qu' son futur éf)Oux
N'attendit j)as qu'elle lut sèche, Qu' son futur époux
S' mil du noir de la têle aux ^'nouv.
Si r pauvr' jeune homm' fut barbouillé, C'est qu' la p'iilc avait oublié
D'écrir' sur sa devanture
D' prendr' garde à la peinture.
N'étant plus blanc que d'un côté, Il avait l'air d'un député
D'ia droit' pas très intègre.
Or, la gosse, tout allègre, Lui fit l'amitié — Pour qui n' fùtpas qu'un' moitié d' nègre
Lui fit l'amitié De lui noircir lautrc moitié.
Mais un négrier clandestin Débarquant dans l'île un matin.
Leur costum' de sauvage
Leur valut l'esclavage.
Quand ils fur'nt installés à bord, On vit en eux. de prime abord,
Un' rac' noire inédite.
Mais v'ià-t-il pas qu" la p'tite
— Phènomèn' trnu[)lant — Étant dev'nu' mèr' sur la dite,
— Phènomèn' troublant — Eut un gosse absolument blanc.
On les exhiba dans Paris, Et tous nos savants, ahuris,
Ecrivir'nt des volumes
Sur leurs mœurs, leurs coutumes.
Puis un jour, en les contemplant, Un dessinateur de talent
Eut, bravant la critique.
Une idée artistique.
C'est d'puis qu'on peut voir, — Car l'idc' fut mise en pratique — C'est d'puis qu'on peut voir, L'exposition de Blanc et Noir.