‹ Autour du moulinChapitre 20 sur 31 · L'EXACTE VÉRITÉ · texte numérisé non relu

L'EXACTE VÉRITÉ

Musique de Emile Galle.

A Louise Laporte.

c , .'lliii .\ii.j«ii. yliiû , 4( .'<-;» '< "lA [fK.tf/1 .i|ii( Jr.ti. :* ' isalIi u«.;>

t< ..'U.Aa'ifu.f'L'i.K iMJL Jl .".V {»,ufi(, t|"( '«-.t'...-... i'uAiU vi.-.l. ts.

S'il faut en croire un dicton populaire, Des fiers j)al;us aux plus humbles réduits, Lavérilc rarement nous éclaire, Elle demeure, hélas! au fond d'un puits.

l'exacte vérité 125

Je ne suis pas une vertu farouche, Mon innocence a peu d'autorité, Mais, aujourd'hui, ce sera de ma bouche Que sortira l'exacte vérité.

Dispensateurs de l'humaine semence.

Vous nous mettez des gosses sur les bras. De la Patrie entonnant la romance.

Vous criez haut : « Femmes, faites des gas! Loin de semer des enfants à la ronde.

Vous pencheriez pour la stérilité, Si c'était vous qui les mettiez au monde. Voilà, Messieurs, l'exacte vérité.

Vous nous couvrez d'implacables critiques, Quand nous raillons votre gouvernement.

Mais, cependant, vos hommes politiques Ne brillent pas toujours au Parlement.

Nous gouvernons sur les deux hémisphères Où notre amour régit l'humanité; Nous connaissons mieux que vous les affaires. Voilà, Messieurs, l'exacte vérité.

En possédant jusqu'à cinq et six femmes, N'avez-vous pas l'art de vous rendre heureux. Et, gravement, vous nous traitez d'infâmes Quand nous avons deux ou trois amoureux. Pourquoi vouloir faire les bous apôtres? Tous les humains, pour la fidélité. Ne valent pas mieux les uns que les autres. Voilà, Messieurs, l'exacte vérité.

Je ne dis pas que nous sommes des saintes, Nous bavardons, et nos yeux sont railleurs. Mais au cale, dégustant des absinthes.

Vous méprisez vos amis les meilleurs.

.l'ai, bien souvent, trouvé votre harangue Pleine de fiel et de méchanceté.

Je sais jusqu'où peut aller votre langue. Voilà, Messieurs, l'exacte vérité.

LE GOITRE

LE GOITRE

(Air connu.)

A Georges Dorfeuil, fils.

Air- ^'

. «««t , fTiitr.ftt oXi liv. Kii ^i \iA

Un jeune ol brave porteur d'eau Ayant un jour, à la barrière, Reçu, sous forme de cadeau.

Un coup de pied dans le derrière.

LE GOITRE 129

Se faisait faire un pansement

Par sa payse, une luronne,

Quand dans la chambre, brusquement,

Margot vit entrer sa patronne.

Vite elle saisit un chapeau, De son amant courba le buste Et mit le feutre sur la peau De son arrière-train robuste.

Puis, dissimulant son émoi, En se donnant un air de vierge.

Dit : <( Madame, permettez-moi De vous présenter le concierge. »

La dame, en poussant les hauts cris, Dit au porteur d'eau : <( C'est étrange, Vous n'avez plus vos favoris.

Grand Dieu! comme cela vous change!

Et j'ignorais, le croirait-on, — Tellement chez moi je me cloître — Que, sous votre énorme menton, Vous fussiez affligé d'un goitre! »

Et l'Auvergnat répondit : « J'ai Toujours porté cette excroissance, Madame, j'en suis afflige Depuis le jour de ma naissance.

A votre bonne je ne lis, De mon mal, jamais un mystère, Nous l'avons tous de père en fils Car c'est un goitre héréditaire. »

APRÈS LA CAVALCADE

APRÈS LA CAVALCADE

Musique de Emile Galle.

A François Trombert.

i«V«<)i>'i( \>|lv<n)lft (a h ..<)>>«.><, AkX Ul(ittm«Uw>i, kii (mj A.

r, S>l vi'..|aU( n.M ih.ttX.. (>..}( , (Smu ('i<in4b, J' ixhX <tU >l-

jVi (« ifmpitmu <'»i.,. <!<' . , «« ^ î*.H>, Ob', pal i{ul Au

-•ftf! ^iùntut.ji i'h »Mliaiii»..j«.« , ^«.i. J»T«M>( {i/t(ifti( il'i»',Jl*iiM« il'wf .

Lorprin'il rcjirendra la toquade Alix Monlnuii'trois, nos bons amis.

De refaire une eavalcade, Dans r comité j" veux être admis.

APRÈS LA CAVALCADE 133

J'ai la compétence exigée, Car, jadis — oh ! pas chez Duval ! — J'ai mangé d'ia vache enragée, Sous forme de bifteck de ch'val.

L'idée étrange et symbolique D'exhiber sur les boulevards La vache au poitrail famélique Vint du cabaret des Quat' z'arts.

Quoi? d'un cabaret ! qu'on se torde, Car s'il fut jamais défendu, Ici-bas, de parler de corde.

C'est dans la maison d'un pendu.

Dans cett' cavalcad' fantaisiste.

On vit l'originalité De Griin, l'incontestable artiste, Qui nous r'présenta 1.' Mont-d'-l'iété.

Ce fut une idée épatante, Qui d'vait avoir un succès fou.

Car, avec le char de ma tante.

On était sûr d'avoir un clou.

Plusieurs peintres du voisinage Firent tordre les Montmartrois, En leur montrant tout un ménage Qui fuyait à la cloch' de bois.

L'idée avait une morale :

Ça leur a servi, paraît-il, De répélition générale Pour le prochain terme d'avril.

Yon-Lug, en suivant sa voiture, Nous montrait un ours de Pantin; Il eut un succès de fourrure Quoiqu'il ne s'app'làt pas Martin.

Or, coïncidence opportune, Cet animal, ours à l'excès, S'app'lait justement : « G rosfs' Fortune » Comm' la dernier' pièc' du Français.

Bref! au lieu de couper la tête

Aux mann'quins de l'Ane et du Chat-Noir

Il fallait, pour finir la fête.

Prendre mill' badauds su' l' Irijltoir;

Puis, tout au long d'une journée,

Forcer les Salis rcunU

A leur oITrii- une tdurnée :

Ils auraient été plus punis.

PARODIE DE "SON AMANT

PARODIE DE " SON AMANT

Musique de Goublier

A Edmond Teulet.

1 1 . r 1 ^ jv- ^ K hl 1 1 1, M n " VJ J M

^^ih!^

' ^ \\ — * 1 1 # ■" 1 .rf V \\ ,, ^^\ \ i

,cU-.-^w.i

Tu demandes pourquoi, blafard,

Je vais dévisser mon billard;

Je meurs d'un mal que tu ils naître.

Et. me voyant toiijours pleurer,

Cliacun dit, pour me rassurer :

<( Qui sait, il en mourra peut-être! »

PARODIE DE « SON AMANT )) 137

J'ai cru qu'aimai que nos amours, Cola durerait quelques jours, Mais depuis, va, je me tourmente; En vain je cherche à t'cmouvoir :

Ah! lu ne veux plus rien savoir!

Ma chère, ma trop chère amante.

Un soir je te vis, nom d'un chien!

Sortir do chez le pharmacien.

Cela n'clait pas ordinaire; Tu cachais sous ton vêtement, Ilôlas! plus d'un médicament.

C'est pourquoi je suis poitrinaire.

J'eusse, alors, les pleurs m'ctoulTanl, Voulu savoir, comme un onranl, Par où tout ça devait se prendre; Mais je m'enfuis sans nul retard.

Certe ! en consultant le potard, J'avais peur, peur de tout apprendre.

Car, alors, je l'aurais foutu Carrément mon pied... comprends-tu?

Mais, par je ne sais quel mystère, Ma langue, en vain, se remuait.

Ciel ! j'étais devenu muet Et j'eus la force de me taire.

Ah! je ne suis qu'un abruti!

Tu vois, je n'ai jamais menti.

Je ne t'en dis pas davantage.

Mais promets-moi, si je m'en vais, D'aller jusqu'au Champ de navets Manger du pain et du fromage.

La chunson d'Edmond Tculcl et Gustave Goublicr est en Mtito, avec accoiniia{;iicinciil do piano, chez Evcillard, cdiliui", 39, IxlUÎovard de Sirashourt;.

LES PETITS CHAGRINS DE M. ZOLA

LES PETITS CHAGRINS DE M. ZOLA

(Air des Petits Pavés, de Paul Delinet.)

A Albert Cellar-his.

Las d'attendre, avec bonhomie, •Qu'on le nomme académicien, Zola, n'y mettant plus du sien.

Vient de dire à rAcadcmie :

« Tu te moques de moi, je crois, {bis) A combien ferai-je une croix? »

« Pour observer ton éli<]uotte, Oui, pour l'éviter de déchoir.

J'eusse fait couvrir d'un mouchoir Le frais minois de la Mouquelle.

Elle ira, pour ton châtiment, (bis) Te montrer son ressentiment. »

LES PETITS CHAGRINS DE M. ZOLA 141

(( Sons l'inaccessible coupole — Quoiqu'il parlât avec esprit — Pour te complaire, à Jésus-Christ, J eusse retire la parole.

Garde ton immortalité, (bis) Il n'en sera que plus vanté. )>

« Lâchant sa terrible besogne,

Souvarine, dans Germinal,

N'eût i)lus pris qu'un plaisir banal,

Avec su lapine Pologne.

Hélas! je deviens son copain, {bis)

Car tu me poses un lapin. »

Et depuis, lorsque Zola rentre Chez lui, i)Our dormir à l'écart, En songe les Ilougon-Macquart Viennent lui danser sur le ventre.

« Hélas! rôve tout haut Zola, (bis) C'est la laute à ces cochons-là! »

Page 1