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et ceux des Yaos, des Lolos et des Miaos-Tse que nous ont rapportés différents voyageurs; pour pouvoir se prononcer il faudrait avoir des rensei.^nemenls plus abondants.

Ils nous disent ne pas avoir d'écriture. Lear culte paraît être celui des ancêtres ou des es|)rits. Un petit carré de papier doré au fond des cases, quelques bâtonnets à odeur, un ou deux œufs, du papier découpé, voilà tout ce qui constilue et orne l'autel ; à l'entrée un tonnelet suspendu, maintenant une peau tendue, et un tambourin, sont employés en l'honneur des morts.

Les arts sont très négligés; ils ont une sorte de guitare et un chalumeau, aux sons desquels on danse. Le fait qu'ils ont des danses est intéressant à noter; car en cela ils se distinguent des Chinois qui n'en ont pas, et des Thaïs qui ne dansent que dans certaines cérémonies religicîuses.

Je remarque des dessins qu'ils ont faits sur une planche; ils sont aussi primitifs et de même aspect que ceux qu'on peut trouver en Océanie, au cœur de l'Afrique ou sur les os ornés des âges préhislopiques.

Nous avons bien regardé autour de nous et l'on nous a laissé faire; les habitants se sont prêtés

à tout, nous ont permis de fouiller leurs cases, ont posé pour la photographie de face et de ,n'ofil, ont revêtu leurs costumes d'app:irat; il ne nous reste qu'à les remercier et à redescendre.

A ennron sept cents mètres d'altitude, nous* nous aiglons, auprès d'une source, à un sanatorium (}ue le cblonel Pennequin fait installer pour envoyer les hommes malades ou qui ont besoin de repos. On a ici toujours au moins cinq degrés de nioins qu'à Van-Bou ; trois ou quatre cases en liambous dressées en quelques heures, un jardinet avec des plants de radis et de choux, quatre pieds de vigne .sauvage, constituent actuellement tout ^élabli^sement dont la direction est couOée ao lieutenant Tralboiix«

Tandis que nous faisons halte, survient un courrier portant ordre du colonel de faire n «ies- C'^ndre tout le monde à Van-Bou immédialenietit; vingt-cinq minutes au plus suffisent à la mobilisation; les cases sont démontées, les bamloiis utilisés comme supports et comme lanières, tout <^t emballé; les tirailleurs n'oublient pas Irur riz, ni même, ni surtout, dirai-je, la lampe à opium. On ne laisse ici qu'un cochon, vivant à demi dans la brousse, et remplissant jusqu'à

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présent Tofiice de vidangeur» r61e que ses congénères ont rhabitude de jouer sous les maisons muongs.

Nous sommes vite en bas. Les nouvelles soot graves; le colonel Pennequin vient d'apprendre la destruction du poste de Yen-Lang qui a eu lieu, il y a huit jours; le capitaine Pouligou et plusieurs hommes sont tués, quarante-cinq fusik et vingt-cinq mille cartouches pris, et le Doc Nga triomphant. U n'y a pas de temps à perdre; cent cinquante hommes de renfort vont être envoyés à Van-Yen pour protéger la vallée du Pbou-Yen contre un coup de main. Nous prêtons nos pirogues à cet eiïet et mettrons ce retard à profit pour visiter les mines situées sur la rive droite.

Le lendemain, le colonel nous donne quelques détails sur le désastre de Yen-Lang. Les pirates sont entrés le soir, déguisés en coolies porteurs; un d'eux les précédait à cheval, un casque sur la tiMe; à Taide de ce déguisement, il put tromper la sentinelle; la porte prise, le reste des hommes cachés dans le bois fut appelé. Le coup de main avait réussi, mais il fallait beaucoup de hardiesse pour le tenter; sans la complicité

des habitants du pays, il eût évidemment échoué. Malheureusement le poste était dépourvu de renseignements, quelques semaines auparavant, Tinfortuné capitaine s^était plaint des difficultés qu'il rencontrait pour apprendre le moindre mouvement de Tennemi. Le chef nominal des pirates est un vieux doc (général), le doc Kéou, ftgé de soixante ans; mais le chef réel est son lieutenant le Doc Ngu, nommé iadis dédoe par rAnnaro. Gomme ses confrères, il prétend combattre maintenant pour Tempereur d'Annam (Hamghi). Jusqu'à présent, toujours victorieux, il est abondamment pourvu d'armes et de munitions; les indigènes le craignent et lui obéissent et n*ont d'ailleurs pas trop à se plaindre de lui, car il les rançonne peu. Sa force, avons-nous dit plus haut, nous est en partie imputable; sa situation à cheval sur plusieurs territoires lui donne une grande liberté d'action ^ Espérons que le gouvernement finira par comprendre ses erreurs, et

1. Depuis quelques mois la bande da Doc Ngu a été détruite ptf le colonel Pennequin, et le Doc Nga lai-mème a été décapité par d'antres chefs maongs qui nous ont ainsi récompensés de leur avoir laissé, gràee â rinterrention de M. Vade, Tautonomie chez eoz*

écoutera les conseils des gens qui, depuis d<< années, parcourent ces régions.

La soirée du 15 est marquée par un épouvantable ouragan qui dure toute la nuit et \iei\\ ébranler les constructions du poste; elles sont heureusement basses et le vent a peu de prise.

Le 46 au matin, nous traversons la rivière sur un bac creusé dans un tronc d'arbre, où deux ehevaux peuvent tenir. Le temps est couvert; le thermomètre marque iS"^ dans la journée. Nou> sommes à cheval ainsi que l'interprète Chokeu ; quatre tirailleurs muongs nous accomjtagnent et nous servent de guides ; notre troupe est grossie d'une douzaine de coolies et de nos boys.

Après avoir repassé devant le Van-Bou chinoi:^ où j'admire des massifs de mandariniers énormes, nous quittons le bord de la rivière pour reraonter la vallée d'un de ses affluents, le Nam-Bou. Ce n'est qu'un simple torrent aux eaux troubIe>, que côtoie un bon chemin. Parfois le rocher nous serre et l'on marche sur des nattes de bambous entrecroisées, soutenues par des pilotis.

Les baltes pour coolies sont marquées par des abris, un toit de chaume sur quatre poteaux. Près de l'un d'eux, pendant qu'on prépare le dé-

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jeûner, je trcMive dans le bois un crâne humain, un squelette, une couverture de Tadininistralion et une cangue; quels sont ces restes et que drame 8*est joué ici ? Les os sont muets ; on peut supposer qu'un captif échappé est venu mourir ici de faim, de maladie, ou est devenu la proie des bêtes fauves.

Plus loin les bois grandissent, les ficus aux troncs à o6tes dominent toujours; des palmiers élèvent leurs longues et élégantes tiges du sol ; elles atteignent cinq à six nôtres; les fougères sont superbes, mais non arborescentes. Nous sommes sur un terrain ardoisier, et les passants, en certains endroits, ont dressé de grandes plaques.

Nous nous élevons peu à peu pour passer d'un bassin dans l'autre ; aux grands arbres succèdent les bambous et les roseaux. Le pays est peu habité: à peine quelques cases de planteurs de riz. Ce n'e^st que le soir que nous entrons dans une région plus peuplée, au village de Muong-Clium. La maison du chef, où nous passons la nuit, se reconnaît de loin aux ornements en forme de bois de cerfs, placés aux deux extrémités du toit; c'est un signe distinctif que nous retrouverons ailleurs. L'habitation est propre, nous n'avons pas

le supplice ici comme en Chine d*étre entourés par une foule curieuse et gênante; les indigènes sont discrets. Nos hommes vont bien et se font à leur métier; à peine arrivés, les chevaux dessellés tandis que Baptiste s'occupe du repas, Thou de l'installation et des bagages, Sao se met à préparer les oiseaux tués dans la journée. Thou est bon marcheur, mais se trouvant momentanément riche I à la suite de quelques heureuses parties avec les tirailleurs de Yan-Bou, il manifeste Tiutention d'acheter un cheval ; je lui conseille, tant qu'à faire, de prendre aussi un boy à son service. Ses | acquisitions restent à l'état de projet et c'est encore à pied qu'il repart le lendemain.

Nous sommes réveillés au petit jour par le bruit |

monotone que font, en décortiquant le riz, les I

femmes placées sous la maison ; elles déplacent | avec le pied un long levier de bois terminé par

une sorte de marteau qui retombe régulièrement i dans le récipient. Toute la journée quelques-unes

sont occupées à cette même besogne ; il est vrai '

qu'elles se relaient. j

En route nous traversons d'abord un pays peu i habité rappelant celui de Gao-Phong, avec ses ber*

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bages que dominent des monticules calcaires, puis des bois; tantôt la forêt vierge avec ses géants liés les uns aux autres par l'inextricable réseau des lianes ; tantôt une futaie de jeunes chênes, clairsemée. Je remarque aussi des noii>etiers,

A Ban-Naboum où nous déjeunons, j'aperçois quelques pêchers. Devant chaque case un petit jardin est planté de légumes; la terre semble partout très bonne. Quels beaux espaces libres en pays tranquille pour tenter de grandes cultures, le jour où les communications avec le Delta seront facilitées I Le coton pousse ici sans aucun soin ; plantés sur les hauteurs ou des terrains défrichés par Tincendie, les arbustes annuels atteignent jusqu'à un mètre cinquante; on serae au printemps et on récolte à Tautomne. Suivant ^n importance chaque maison en produirait de trente-six à cinquante kilogrammes par an ; on le vend environ trois piastres le picuP brut; mais les indigènes se contentent ici de la production nécessaire à leurs besoins. Le maïs et le riz sont ^ussi cultivés ; des fruits sauvages fournissent une huile. D'un tubercule ramassé souvent à deur de

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