Prononcez Doc-Meu.— Voir note page
des chefs indigènes eux-mêmes avaient crié gare, ils ne pouvaient plus répondre des populations. M. Rougerie se crut plus fort que tous et, ne se fiant qu’à lui-même, dédaigna les conseils dictés par l’expérience ; il paya ses fautes de sa tête : que la terre lui soit légère !
Le gouvernement a reconnu ses torts; le choix de M. Vacle en est une preuve, et la confiance qu’il inspire à tous le justifie. Ces mêmes indigènes qui jadis payaient au Doc Ngu le soin de les venger, paient encore au même chef une dîme, mais cette fois, c’est pour qu’il épargne Cho-Bo et tous ses habitants. La confiance n’entraîne pourtant pas l’imprévoyance, et l’on n’a pas à craindre de paraître ridicule, lorsqu’on charge sa carabine ou arme ses revolvers avant de s’endormir. . . d’un œil.
Si l’on excepte les bandes du Doc Ngu, composées partie d’Annamites, partie de Chinois anciens Pavillons Jaunes du Phu-Yen, les indigènes de Cho-Bo et des environs sont généralement tranquilles.
Nous sommes à la limite de deux régions d’administration absolument distinctes : au sud et à l’ouest, les Annamites soumis au savant régime
communal de l’Annam ; au nord et à l’est, un ensemble de peuplades et de tribus différentes, désignées sous le nom de Muongs\ qui ne s’applique particulièrement à aucuns ; ces races sont généralement placées sous le régime féodal. Annamites etMuongs se rencontrent sur le marché de Cho-Bo, les premiers a^^ant, ainsi que leurs voisins les Chinois, beaucoup plus d’aptitudes commerciales que les seconds; c’est à peine si ceux-ci, en dehors des produits de leur culture ou de leur chasse, vendent quelques instruments de fer ou de mauvais coupe-coupes. Les gens du Delta semblent d’ailleurs affecter le plus profond mépris à l’égard des hommes du haut pays; le plus grand chef Muong mérite à peine, aux yeux de nos boys, qu’ils lui adressent la parole, et plus d’une fois nous serons obligés de les rappeler à des sentiments plus respectueux.
M. Yacle se fait un plaisir de nous donner les renseignements les plus intéressants sur les indigènes, et il les connaît. Mais rethnograpliie n’est pas la seule science qui pourrait s’enrichir à Cho-Bo de documents nouveaux ; l'histoire natu-