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2. En admettant un même prix par journée de vapeur des deux côtés.

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çais à la porte même du Céleste-Empire, mettra le commerçant chinois à même de trouver un dépôt où il pourra puiser au fur et à mesure de ses besoins, sans craindre de voir se former un stock grevé des droits d’entrée, et qu’il ne pourrait pas écouler.

C’est le point principal ; nous pourrons envoyer en Chine les productions agricoles et industrielles du Tonkin. Les filés de coton par exemple et les étoffes fabriquées dans notre colonie auront sur ceux de Bombay et de Calcutta (pour prendre les points de production anglais les plus rapprochés) le double avantage d’une bien moindre distance et d’une fabrication à meilleur marché; n’oublions pas en effet que nous avons le charbon sur place.

Et je ne mentionne pas ici les nombreuses industries dont les débouchés naturels se trouveraient si facilement dans les provinces frontières du Tonkin.

Assurément le temps est éloigné, s’il doit jamais venir, où les produits du Tonkin réaliseront, par la disparition des frets jusqu’en Extrême-Orient, une économie suffisante sur les produits européens ou même indiens pour pouvoir aller lutter

contre ceux-ci au nord et à l’est même de Tchong- King, dans les districts les plus peuplés du Su- Tchuen oriental.

Mais, de ce côté, nous ne devons pas nous effrayer des efforts des Anglais ; car sur le haut Yang-Tse la place est libre ; il ne tient qu’à nous de suivre leur exemple et d’aller lutter auprès d’eux dans la voie commerciale.

C’est ce qu’a compris un groupe de commerçants français, qui, encouragé et aidé par les conseils et le zèle patriotique de notre consul à Han- Ivou, Ichang et Tcliong-King, M. Haas, va tenter de fonder un comptoir dans la grande ville du haut Yang-Tse et de faire connaître notre industrie jusqu’aux confins du Tibet.

Puisse un succès mérité couronner leur tentative utile et servir ainsi de la meilleure manière, pratique et pacifique, la cause française en Extrême-Orient .

En résumé la voie du Yang-Tse, que nous qualifierons de voie de pénétration latérale, n’est pas faite pour inquiéter nos commerçants; car, d’un côté, elle ne pourra lutter avec avantage contre hi voie du fleuve Rouge dans la région yunnanaise, et, de l'autre, étant également ouverte à notre

commerce, elle lui donnera pleine facilité de se répandre, s’il le Veut, dans les provinces qui forment la rive gauche du grand fleuve.

VOIE DE BIRMANIE. — Quant à la voie de Birmanie, c’est-à-dire de pénétration ascendante, elle est dans l’état des choses encore beaucoup' moins à craindre pour nous que la précédente.

Lorsque les Anglais se sont emparés de la haute Birmanie, grande a été leur déception en reconnaissant que le cours supérieur de leurs fleuves ne pouvait être utilisé pratiquement.

La route de Bhamo à Taly par Tengyueh, malgré son peu d’étendue (deux cent quatre-vingtquinze milles) devait être abandonnée ; il eût fallu trop de travaux et d’argent pour surmonter les obstacles naturels que lui faisait rencontrer sa direction même en travers des hautes chaînes encaissant les vallées perpendiculaires; il en était de même des routes de Mandalay à Taly par Theabau, et de Hlinedet à Xieng-Hong par Moné. Il fallait se tourner ailleurs, renoncer à la haute Birmanie comme point de départ, et se résoudre à entrer sur territoire siamois et chan.

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