A deux jours du fleuve
et que la véritable source de prospérité du Tonkin, ce sont, comme dans la basse Cocliincliine, les rizières du Delta. »
Je crois, au cours de mon étude, avoir suffisamment répondu à ces objections. La réponse la plus probante est dans la lecture des livres étrangers qui ne sauraient être regardés comme partiaux à notre égard ; dans les efforts des Anglais pour détourner du Tonldn à leur profit un commerce qu’ils ne convoiteraient pas, s’ils le croyaient si peu important.
Loin de moi la pensée qu’il faille négliger le Tonkin lui-même, ses mines, ses cultures et ses douze millions de consommateurs pour ne viser qu’à la pénétration en Chine. Mais l’exploitation du Tonkin lui-même n’exclut pas la préoccupation d’un commerce plus éloigné.
Assurément, je pense comme Colqlioun que les régions de Puerli et de Ssemao sont })lus riches maintenant que celles du Yunnan d’où débouche le Song-Coï en pénétrant chez nous. Et pourtant c’est sur notre frontière septentrionale même que se trouvent les gisements de cuivre et d’étain ; les plaines de Mong-Tse, de Tong-Hay, et les rives
du lac d’Yun-Nan-Sen, que j’ai traversées, sont prêtes à donner par la culture les productions les plus rémunératrices.
Les régions considérées par Colqhoun comme plus riches que celles qui bordent le haut Song- Coï doivent à juste titre, ai-je essayé de montrer, faire partie de notre zone d’influence commerciale.
Sans qu’il soit besoin de revenir sur des arguments déjà exposés, les chiffres ne se chargent-ils pas de donner la réponse la plus éloquente aux craintes de M. de Lanessan ? ^
Le transit du fleuve Rouge se développe d’année en année. Le mouvement commercial de Hong- Kong représente une valeur de :