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CHAPITRE III

Départ d'Haï-Phong. — Montée du fleuve Rouge. — Hung-Yen. -■ Hanoï. — Description de la ville (la concession : — la rue Paul Bert. — Le lac. — Le marché. — La citadelle). — Séjour à Hanoï. — Enquête sur la situation actuelle du Tonkin. — Ce qui est fait (Mines. — Cultures. — Industrie. — Commerce. — Routes. — Chemin de fer de Lang-Son). Le mal (piraterie. — Administration. — Finances. — Misère des troupes). — Conclusion.

De retour à Haï-Phong, je n’y reste qu’une nuit; nous prenons le lendemain matin le bateau des Messageries fluviales pour Hanoï. — La montée s’effectue en quatorze heures; la navigation est difficile, surtout dans le canal des Bambous, qui unit le Cua-Cam au fleuve Rouge; les coudes sont répétés, et le vapeur doit manœuvrer avec la plus grande précision pour trouver juste la place de tourner. On est alors obligé de ralentir. Deux indigènes, à bâbord et à tribord, sondent la rivière

avec de longs bambous qu’ils relèvent, en criant à tour de rôle la profondeur; un tremblement, qui se répercute dans tout le steamer, avertit qu’on a touché le fond; mais nous ne sommes pas arrêtés, et le capitaine se tient heureux d’en avoir été quitte à si bon compte ; le bateau descendant, que nous croisons, a eu moins de chance ; il a dû à un échouageun retard de plusieurs heures.

Le paysage est monotone; nous sommes toujours en plein Delta : des inondations partout à perte de vue, interrompues seulement çà et là par quelques bouquets de palmiers ou par des massifs de bambous, masquant un village; des digues entretenues à grands renforts d’hommes arrêtent les eaux. Une partie des terres restent ainsi improductives; on va, me dit-on, faire des essais de colmatage; peut-être pourra-t-on se rendre ainsi compte, sur une petite échelle, de la valeur du projet présenté par M. Alavoil ‘ ; cet ingénieur croit nécessaire de couper, depuis le haut Delta jusqu’à la mer, toutes les digues sur tous les points où les fleuves et leurs embranchements traversent des marais ; en ne laissant passer qu’un

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