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X PREFACE

Il reste acquis, tout au moins, qu'en ces temps naïfs de la diplomatie, on ne dépouillait pas le Pape comme un souverain ordinaire, et que la principauté d'Orange, enfermée de toutes parts dans le domaine pontifical semble avoir profité de son inviolabilité. L'annexion d'Avignon, en révolte contre le Pape, fut un des premiers actes de la guerre déclarée à l'Église. Par contre, l'annexion d'Orange n'avait été, moins d'un siècle avant, qu'un incident inévitable de la révocation de Fédit de Nantes. Cette petite ville, en effet, s'était habituée à jouer un rôle hostile à la France dans lcsguerres de religion, et se laissait dire trop volontiers qu'elle allait devenir une seconde Genève à la porte de la seconde Rome.

Plus d'une fois cependant, les rois de France ne s'étaient pas gênés pour mettre la main sur les deux enclaves ; mais l'une comme l'autre avait été scrupuleusement rendue à son maître légitime, aussitôt la paix faite ou le malentendu dissipé. Dès Louis XI, nous voyons accorder aux Orangeois comme aux Avignonnais les droits de natureditè, que François Ier confirma sous le nom de droitsde régnicoles. Au fond, ce n'était, dans un cas comme dans l'autre, que le préambule un peu confus des droits et des obligations du citoyen français.

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