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PREFACE XI

En toute occasion, la France en usa, vis-à-vis des deux enclaves, comme avec un pays qui devait nécessairement lui revenir.

En outre, chaque occupation temporaire laissait après elle des arguments nouveaux en faveur de l'occupation définitive. C'était sous forme d'abus momenianément abolis, de bon ordre administratif rétabli, de lois plus claires, de tribunaux moins nombreux et plus expéditifs, et surtout de frontières ouvertes pour le commerce et l'industrie.

Aussi le parti français ou royaliste, comme on disait alors, s'accroissait-il à chaque essai du régime français. A Orange, il se composait surtout des catholiques, c'est-à-dire de la masse du peuple, toujours en défiance du gouvernement des Nassau. A Avignon, au contraire, la France ne pouvait guère compter sur le peuple proprement dit, dont le cri traditionnel fut jusqu'au dernier jour : Viva iou papo e sa moulié (1) !

En revanche, la bourgeoisie, déjà riche, instruite et tout entière aux affaires, propageait autour d'elle ses préférences pour la do-

(1) Vive le pape et sa moitié ! (l'Église). J'ai encore entendu ce cri poussé par quelques voix seulement, sur la plac e du Palais, en novembre 1848, quand le clergé et les autorité vinrent proclamer la nouvelle constitution républicaine, de la terrasse de Notre-Dame des Doms.

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