PREFACE XIII
et d'Avignon furent-ils aimés et populaires ? N'ont-ils laissé aucune empreinte dans les mœurs et les allures des populations actuelles ?
Ce sont les réponses à ces diverses questions que nous avons essayé de résumer en quelques pages, moins pour ceux qui aiment à apprendre que pour ceux qui aiment à se souvenir.
Deux mots, pour finir, sur le titre de ce volume, d'autant plus que s'il n'en dit pas plus qu'un autre au public, il éveille en moi l'émotion d'un souvenir de jeunesse. Lorsque je visitais Venise pour la première fois, — il y a longtemps de cela ; car on était encore en pleine domination autrichienne — l'heureux hasard d'une lettre de recommandation m'avait mis en rapports avec un jeune avocat du pays, plus instruit que nous n'avons l'habitude de l'être en France sur le passé de sa ville natale, et patriote, comme on l'était à Venise au lendemain de la dictature de Manin. Chaque habitant passait littéralement sa journée à chercher par quel moyen il pourrait bien rappeler aux Allemands que s'ils tenaient gar-